"VIDEO. 'On nous abreuvait de haine de classe' : un documentaire explore la quête de pouvoir de



Un documentaire en deux parties, intitulé « Mao, le dernier empereur », est diffusé sur France 5 dimanche soir. Ce documentaire, réalisé par Serge de Sampigny, explore la vie et l’influence de Mao Zedong, figure emblématique de la République populaire de Chine, déjà disponible sur france.tv.

Un héritage ambigu

Le portrait de Mao Zedong trône majesté au cœur de la Cité Interdite, sur la place Tiananmen, à Pékin, depuis plus de soixante-dix ans. Célébré par ses successeurs et une partie de la population chinoise, Mao est pourtant le fondateur d’un régime dictatorial totalitaire, dont la Révolution culturelle aurait causé la mort de dizaines de millions de personnes, selon les estimations des historiens.

Ascension du « Grand Timonier »

Le documentaire retrace l’ascension de Mao, surnommé le « Grand Timonier », et décortique ses multiples facettes. Stratège redoutable, il grimpe les échelons de l’appareil politique communiste, imposant son pouvoir et initiant d’importantes réformes. Son mandat est marqué par des événements dramatiques, tels que le « Grand Bond en avant », qui engendrent purges, propagande, censure et massacres.

En 1921, Mao participe à la fondation du Parti communiste chinois avec quelques autres hommes, soutenus par les bolcheviks à la suite des révolutions russes de 1917. À l’époque, il n’est âgé que de 28 ans, et dirige une province reculée. Petit à petit, il constitue, dans la clandestinité, une armée appelée « les rouges », avec des figures qui deviendront majeures, comme Liu Shaoqi et Zhou Enlai, futurs président et Premier ministre de la République.

Base militaire et réformes sociales

Dans les années 1930, Mao et son groupe s’installent dans les montagnes de Yan’an, dans des habitations troglodytes devenues depuis des lieux de mémoire visitables. C’est là qu’il pose les bases de sa réforme de la dépossession des terres des riches propriétaires au profit des petits paysans. En matière de transformation sociale, il proclame que « la révolution n’est pas un dîner de gala, c’est le remplacement d’une classe sociale par une autre ».

En 1949, avant même son accession officielle au pouvoir, Mao n’hésite pas à faire assassiner des notables des campagnes, considérés comme des exploiteurs, redistribuant leurs terres aux plus pauvres et s’attachant une part de la population qui lui sera fidélisée sur le long terme.

L’écrivain Wang Ji, ancien communiste devenu réfugié, témoigne : « La haine et rien d’autre… On nous abreuvait de haine de classe. À cette époque, on ne pensait pas beaucoup à la bonté de l’humanité ». Cette idéologie, essentiellement bâtie sur la haine, persistera dans la mémoire collective.

Stratégies pendant la guerre

Avec l’avènement de la guerre sino-japonaise en 1937, Mao s’associe à son ennemi juré, Tchang Kaï-chek, dirigeant du Kuomintang. Bien que simultanément en guerre civile, il considère cette alliance comme une opportunité pour détruire son principal rival, voire pour s’emparer de la Chine. Endo Homare, historienne japonaise, souligne que « l’ennemi de Mao n’était pas l’armée japonaise, mais Tchang Kaï-chek ».

La brutalité révélée

En 1945, à la suite de la Seconde Guerre mondiale, Mao est perçu comme « le libérateur de la Chine ». Les délégués étrangers, principalement américains, cherchent à le rencontrer, le poussant à se réconcilier avec Tchang Kaï-chek. Toutefois, cette paix ne dure pas, et la guerre civile reprend peu après.

Grâce à Staline, les communistes récupèrent l’armement japonais, et dès 1948, Mao montre son extrême cruauté lors du siège de Changchun. Pour plier la population à son autorité, il la condamne à la famine, provoquant la mort d’entre 100.000 et 200.000 habitants. L’historienne Endo Homare, ayant vécu ces horreurs, raconte que « les feuilles d’arbre étaient consommées, certains mangeaient des écorces, et d’autres finissaient par se dévorer entre eux ».

En 1949, la domination de Mao est enfin confirmée avec l’instauration de la République populaire de Chine, marquant le début d’une ère de réformes d’ampleur qui transformeront le pays.

Diffusion et disponibilité du documentaire

La série documentaire « Mao, le dernier empereur » est réalisée par Serge de Sampigny et diffusée dimanche 13 septembre à 21h05 sur France 5. Elle est également disponible sur la plateforme france.tv.



FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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