Couverture du livre d'Anne Godard, "Nous aussi". (EDITIONS ACTES SUD)



La saison littéraire de l’automne est à nos portes, mais la véritable essence réside dans le plaisir de découvrir de nouveaux univers et de savourer de belles lectures. Franceinfo Culture vous propose sa deuxième sélection de romans parmi les 461 nouveautés publiées entre août et octobre.

« Nous aussi » d’Anne Godard : la construction de soi par la démolition du narratif familial

Ce livre narre l’histoire d’une amnésie qui aura duré trente ans. Dans une grande famille de la haute bourgeoisie du Quartier latin, « on » vit tous ensemble depuis des lustres à chaque étage d’un vaste immeuble cossu, « où même l’odeur de poussière du tapis est à nous ». Possédant un sentiment d’appartenance à une élite patrimoniale, « du bon côté, celui de la culture et de la liberté », la famille atteint des sommets grâce à la méritocratie républicaine. Chaque été, la famille s’installe au cœur des Alpes dans un château médiéval acquis par l’arrière-grand-père auprès d’un vieux comte désargenté. La structure familiale sera mise à mal lorsque l’un des adolescents se défenestre à 17 ans. Ce frère de la narratrice, dont le souvenir est revisité à plusieurs niveaux, entraîne la famille dans un déclin troublant. Privé de l’un de ses membres, le corps familial commence alors à boiter. Anne Godard décrit cette dynamique comme un « magma », un organisme qui se dérègle et amorce une lente implosion à mesure que refont surface des souvenirs longtemps enfouis. Nous aussi figure parmi les premières sélections pour le prix Goncourt et pour le Femina, une œuvre d’art à apprécier.

Nous aussi d’Anne Godard, éditions Actes Sud, 240 pages, 20 euros.

Couverture du livre d'Anne Godard, 'Nous aussi'. (EDITIONS ACTES SUD)
Couverture du livre d’Anne Godard, « Nous aussi ». (EDITIONS ACTES SUD)

« C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien : dans la peau d’un migrant

Le récit débute brutalement lors d’une détonation, alors que Jonas Dorléon, professeur d’histoire-géographie, corrige ses copies lorsque des adolescents armés envahissent son quartier pauvre de Port-au-Prince. Après l’embrasement de la capitale, il doit fuir Haïti pour rester en vie. Ce départ marque le début d’une odyssée de plusieurs semaines, pleine de désespoir, jusqu’à la frontière américaine, avec l’espoir d’atteindre le Canada. Ce journal intime d’un exilé dépeint avec force la dureté de la migration. Grâce à une langue riche et colorée, Thélyson Orélien parvient à transmettre la vibration de l’exil. C’était ça ou mourir présente un récit poignant, également sélectionné pour les prix Goncourt et Femina, positionnant l’auteur comme un sérieux concurrent pour la saison des prix.

C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien, éditions Grasset, 272 pages, 20 euros.

Couverture du livre de Thélyson Orélien, 'C'était ça ou mourir'. (EDITIONS GRASSET)
Couverture du livre de Thélyson Orélien, « C’était ça ou mourir ». (EDITIONS GRASSET)

« À voix haute » de Polina Panassenko : sur la trace des victimes du Goulag

Une jeune femme de 20 ans, d’origine russe, aspire à devenir actrice. Élevée en France entre son père, veuf, et une voisine militante, elle réussit les épreuves pour l’École du théâtre national de Moscou et s’installe chez son grand-père à Moscou. En enquêtant sur son passé familial, elle découvre l’histoire de son ancêtre, jamais revenu du Goulag. À travers ce roman, Polina Panassenko questionne le passé pour mieux comprendre le présent, défendant ainsi les mots et leur signification. À voix haute est une œuvre touchante, retenue pour le prix Femina, émanant un élan de tendresse infinie.

À voix haute de Polina Panassenko, éditions L’Olivier, 220 pages, prix non précisé.

Couverture de 'À voix haute' de Polina Panassenko, en librairie depuis le 21 août 2026. (L'OLIVIER)
Couverture de « À voix haute » de Polina Panassenko, en librairie depuis le 21 août 2026. (L’OLIVIER)

« La solitude des professeurs est infinie » de Yannick Haenel : quand l’enseignement cessera-t-il d’être un sport de combat ?

Au début des années 1990, Jean Deichel, un jeune professeur stagiaire de 22 ans, arrive dans un collège de Mantes-la-Jolie, plein d’enthousiasme mais rapidement perdu face à la réalité de l’enseignement. Au fil de l’année, il se laisse submerger par l’épuisement et la dépression, mettant en lumière la détresse des enseignants. La solitude des professeurs est infinie est un récit d’initiation touchant, rendant hommage aux passionnés de littérature et à ceux qui croient encore que l’on peut changer le monde à travers l’éducation.

La solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel, éditions Gallimard, 320 pages, 21,50 euros.

Couverture de "La solitude des professeurs est infinie" de Yannick Haenel. (EDITIONS GALLIMARD)
Couverture de « La solitude des professeurs est infinie » de Yannick Haenel. (EDITIONS GALLIMARD)

« Baignade surveillée » de Laura Kasischke : le drame d’un enfant noyé au fond d’une piscine

Le 16 juillet 1969, alors que l’Amérique se prépare à accueillir les premiers pas sur la Lune, Richie, 5 ans, veut juste aller à la piscine avec sa mère et son petit frère. En reflet de la société américaine de la fin des années 1960, ce récit dévoile les tensions familiales sous-jacentes, car le père de Richie est souvent absent, cherchant un meilleur statut social, tandis que sa mère endure les humiliations. Laura Kasischke explore ainsi les enjeux familiaux, économiques et sociaux à
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By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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