Armand Duplantis, médaillé d'or, et Emmanouil Karalis, médaillé d'argent, aux Mondiaux d'athlétisme, à Tokyo, le 15 septembre 2025. (ANDRZEJ IWANCZUK / NurPhoto)






Emmanouil Karalis : Un avenir prometteur dans le saut à la perche

Avec un record désormais perché à 6,17 m, Emmanouil Karalis est le deuxième athlète à avoir sauté le plus haut dans l’histoire, juste derrière son rival suédois. Ce saut le propulse vers les championnats du monde, qui se déroulent en Pologne.

Une évolution rapide vers l’excellence

Vingt-et-un jours d’écart sur la carte d’identité et encore 14 centimètres de différence sur le sautoir. En franchissant 6,17 m lors des championnats de Grèce en salle le 28 février dernier, soit neuf centimètres de plus que son précédent record, le Grec Emmanouil Karalis a considérablement réduit l’écart qui le sépare du meilleur perchiste de la planète.

Les deux athlètes se retrouvent à nouveau, samedi 21 mars, aux Mondiaux en salle en Pologne. Depuis le 25 août 2024, date de son premier saut à 6 mètres, Karalis connaît une progression fulgurante. En effet, il totalise depuis ce moment 15 concours à 6 mètres ou plus sur 37, ce qui fait de lui l’un des seuls à pouvoir rivaliser sérieusement avec Armand Duplantis.

Impact psychologique et défi imminent

Emmanouil Karalis peut-il priver Armand Duplantis d’un nouveau sacre dans une salle où le Suédois a établi son premier record du monde en 2020 ? « Je vais devoir être encore plus concentré, plus motivé, et je serai peut-être un peu plus stressé. Je vais devoir être à mon meilleur niveau car il saute à un niveau que personne d’autre n’avait encore atteint, à part moi », a réagi le double champion olympique auprès de l’AFP. Bien qu’il dispose d’un matelas d’avance, Duplantis a donc moins le droit à l’erreur en Pologne.

Une rivalité qui dure depuis l’enfance

Emmanouil Karalis et Armand Duplantis, issus de la génération dorée de 1999, se côtoient depuis leur enfance. Lors des championnats du monde des moins de 18 ans en 2015 à Cali, en Colombie, le Suédois remportait l’or, tandis que le Grec se contentait du bronze. Leur classement a ensuite été identique aux Jeux Olympiques de Paris, preuve du potentiel précoce de Karalis. Ce dernier a pourtant connu une stagnation à 5,80 mètres entre 2018 et 2022, ne progressant que d’un centimètre durant cette période, contre 16 centimètres pour Duplantis.

Surmonter les obstacles

L’athlète ne cache pas ses années difficiles. Né d’un père grec ancien décathlonien et d’une mère ougandaise spécialiste de la longueur, Emmanouil Karalis a souffert de racisme de la part d’un ancien coach et a également lutté contre la dépression. « Il s’est un peu cherché. Il a collaboré avec différents coachs. Sa progression s’est réenclenchée depuis fin 2024 », remarque Philippe d’Encausse, entraîneur du Français Thibault Collet. « Il a été blessé et a eu des problèmes de santé qui ont affecté sa régularité et ses progrès », ajoute Marcin Szczepanski, l’entraîneur actuel de Karalis.

Un encadrement renouvelé

Depuis décembre 2023, Emmanouil Karalis a engagé un jeune entraîneur polonais, qui a précédemment coaché Piotr Lisek, un multiple médaillé mondial. Il travaille également avec George Pomaski, entraîneur du sauteur en longueur grec Miltiadis Tentoglou, pour peaufiner sa technique de course et améliorer son explosivité. Son père, Harris, coordonne le projet sportif global et gère la préparation physique.

Des résultats prometteurs

Les efforts portent leurs fruits depuis l’été 2024. À la veille des JO de Paris, il améliore à trois reprises son record avant de décrocher une médaille de bronze. Vingt jours après son succès olympique, Karalis devient le 29e homme de l’histoire à franchir 6 mètres. « C’est quelque chose dont j’ai toujours rêvé. Je l’ai fait et maintenant je me sens plus confiant que jamais. Je sens que je peux désormais penser à des hauteurs plus importantes », déclarait alors le Grec.

Viser plus haut : un objectif clair

Un an plus tard, Emmanouil Karalis franchit 6,08 m. « Tout a changé ou presque après les JO. Au pays, je suis soudain devenu très connu, mon parcours aussi. Et j’ai enchaîné rapidement avec de très bons sauts, puis ça a continué en 2025. Le changement a surtout été mental. Gagner une médaille aux JO a été un déclic. Je n’ai plus aucune barrière, je ne veux pas me fixer de limites », a-t-il confié à L’Équipe.

Pour son entraîneur, ces progrès résultent d’un « travail sur tous les aspects de la performance ». Il précise que Karalis « mûrit en tant qu’athlète et gagne en professionnalisme chaque jour ». Ensemble, ils se concentrent sur des aspects techniques tels que le décollage et l’accélération de la course d’élan, tout en améliorant ses capacités physiques pour soutenir sa technique et élever son niveau de performance.

Un potentiel à exploiter

Bien qu’il soit encore loin d’atteindre les vitesses d’Armand Duplantis sur la course d’élan, le Grec se distingue par sa puissance (1,86 m, 80 kg). « Il est capable de transmettre toute son énergie à la perche », souligne son entraîneur. Marcin Szczepanski entrevoit même la possibilité pour Karalis de franchir « autour de 6,30 m ou plus ».

« Je pense qu’avec le bon état d’esprit, une bonne santé, et un développement continu de ses capacités physiques, il n’y a pas vraiment de limites pour lui », conclut-il. Samedi soir, face à Duplantis, au Norvégien Sondre Guttormsen (record à 6,06 m) et à l’Américain Zachery Bradford (6,01 m), Karalis sera certainement en bonne position pour faire grimper la barre.



FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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