Tadej Pogacar au départ des Strade Bianche, le 7 mars 2026. (MARCO BERTORELLO / AFP)






Analyse de Milan-San Remo 2026

Avec Paris-Roubaix, la « Classicissima », qui se dispute samedi, est l’une des deux dernières grandes courses que le champion du monde n’a pas encore gagnée.

Publié le . Temps de lecture : 6 minutes.

Tadej Pogacar au départ des Strade Bianche, le 7 mars 2026. (MARCO BERTORELLO / AFP)
Tadej Pogacar au départ des Strade Bianche, le 7 mars 2026. (MARCO BERTORELLO / AFP)

Des courses où Tadej Pogacar s’aligne et dont l’issue est incertaine, il n’en reste plus beaucoup dans le calendrier. Deux, à vrai dire : Paris-Roubaix et Milan-San Remo, les deux derniers Monuments que le Slovène lorgne toujours avec envie mais sur lesquels il n’a toujours pas fait main basse. Milan-San Remo, premier grand moment de la saison cycliste, est la course de l’année la plus facile à courir et la plus dure à gagner.

Cette longue procession de 298 kilomètres, taillée en plein milieu par le passo del Turchino avant un final exaltant, avec les capi, ces monts liguriens avec une vue sur la mer que peu de coureurs ont le temps d’apprécier. Le capo Berta, puis la Cipressa et enfin le Poggio : les trois derniers à franchir créent une équation pour l’instant insoluble pour Tadej Pogacar et son équipe. Le Slovène ne fait que se rapprocher de la victoire depuis sa 12e place pour sa première tentative en 2020. Mais en cinq éditions, il plafonne à la troisième place. Une anomalie pour l’alien du XXIe siècle, peu habitué à ce qu’on se refuse à lui si longtemps. Comment l’expliquer ?

Cela tient en deux raisons qui, juxtaposées, empêchent Pogacar d’être sacré : le tracé et Mathieu van der Poel. En premier lieu, le parcours unique de la « Primavera » lui cause, année après année, des maux de tête. S’il attaque dans la courte ascension finale, le Poggio, il risque d’embarquer sur son porte-bagages les sprinteurs, qui le battront ensuite au sprint sur la via Roma. Il a donc choisi d’attaquer de plus loin, dans la Cipressa, située à 21 km de l’arrivée. Mais son attaque est donc moins tranchante, et permet aux puncheurs comme Mathieu van der Poel (et Filippo Ganna l’an passé) de s’accrocher, récupérer et ensuite le battre au sprint.

Le profil de Milan-San Remo 2026. (Milano San Remo)
Le profil de Milan-San Remo 2026. (Milano San Remo)

Comment alors décrocher ce sparadrap néerlandais de sa roue et partir seul, comme Pogacar aime le faire, encore cette saison sur sa seule course, les Strade Bianche ? Frapper plus tôt, plus tard, ou au même endroit, mais plus fort ? « Il sait que la différence, il doit la faire dans la Cipressa. Il n’a qu’une seule option, c’est que Mathieu van der Poel soit dans une mauvaise journée ce jour-là et/ou que la Cipressa se passe vraiment pile-poil comme décidé, qu’il mette la cacahuète au bon moment, qu’il n’y ait aucun temps de latence », résume à franceinfo: sport notre consultant Lilian Calmejane.

Une seule option, qui doit se dérouler à merveille, c’est également ce que pense Matteo Trentin, trois fois dans le top 10 de l’épreuve. « Il faut vraiment que tout se passe parfaitement pour lui. L’an dernier, il a monté la Cipressa en moins de neuf minutes, ce qui est tout simplement incroyable. Et pourtant, ils étaient encore trois au sommet. Donc, pour aller encore plus vite, tout doit s’enchaîner parfaitement dès les premiers mètres. Toute son équipe doit être présente et il lui faut un excellent lancement. C’est justement ce qui rend la chose si difficile », décrypte l’Italien de l’équipe Tudor au média Sporza.

« Je préfère gagner Milan-San Remo qu’avoir le record de six Tours de France. »

Tadej Pogacar

À G Magazine, le 20 mars.

Sûre de sa force, la formation émiratie n’a pas pour habitude d’élaborer des stratégies de course très cachées, et le coup de vis dans la Cipressa de l’an passé devrait se reproduire. « Je pense que c’est possible (de porter l’attaque décisive et de s’isoler dans la Cipressa), affirmait Fabio Baldato, l’un de ses directeurs sportifs au sein d’UAE Team Emirates – XRG, le 16 mars. La montée est assez courte (5,6 km à 4,1 %, dont un passage à 9 %) et la vitesse est extrêmement élevée. Il faut rouler à plus de 35 km/h environ. Les jambes sont encore relativement fraîches car il n’y a pas beaucoup de montées avant, mais c’est faisable. »

Sans Tim Wellens et Jhonatan Narvaez, qui furent les derniers à l’accompagner l’an passé, mais avec un Isaac del Toro bien plus fort, y a-t-il néanmoins la place pour quelques retouches dans le plan ? « Pour moi, là où Pogacar va changer son fusil d’épaule, c’est qu’il va sacrifier un ou deux mecs avant. Ils vont monter vraiment d’un cran l’intensité pour mettre un peu d’acide lactique dans les jambes et tout lâcher dans la Cipressa. Si dès le pied, Del Toro fait les deux premiers kilomètres à bloc, ça peut suffire à faire le boulot à la fois de Wellens et Narvaez. Il va être la clé de voûte de la tactique UAE », précise l’ancien coureur. « Peuvent-ils attaquer encore plus tôt ? Ils ont déjà essayé de durcir la course dans les capi, mais ils se sont surtout épuisés en le faisant. Donc je n’y crois pas », évacue son rival van der Poel.

Décramponner coûte que coûte Mathieu van der Poel – et les autres – dans la Cipressa, voilà donc l’enjeu ultime de samedi. Car si le Néerlandais s’accroche, l’affaire se compliquera une nouvelle fois. L’an passé, il s’était même permis de prendre un bidon lors de l’attaque du Slovène, qu’il avait rattrapé assis.

« Si je suis, ne serait-ce que 1 % en dessous de mon niveau, Tadej partira dans la Cipressa. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne gagne cette course. »

Mathieu van der Poel

À Sporza.

Cette année, il semble même encore plus fort qu’en 2025, avec déjà trois victoires (contre une l’an passé à la même date). « Quand je vois Mathieu courir, ça va être très dur pour Pogacar », s’avance Mike Teunissen, de la formation XDS-Astana. « On a vu que Mathieu est l’un des rares capables de le contrôler un
FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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