Le réalisateur d'"Arco", Ugo Bienvenu, et son équipe, peu après leur double victoire à la cérémonie des Césars le 26 février dernier. (ALAIN JOCARD / AFP)






Ugo Bienvenu et son plaidoyer contre l’IA

Ugo Bienvenu vient de remporter deux Césars avec son film entièrement dessiné en 2D.

Publiée


Temps de lecture : 4min

Le réalisateur d'Arco, Ugo Bienvenu, et son équipe, peu après leur double victoire à la cérémonie des Césars le 26 février dernier. (ALAIN JOCARD / AFP)
Le réalisateur d’Arco, Ugo Bienvenu, et son équipe, peu après leur double victoire à la cérémonie des Césars le 26 février dernier. (ALAIN JOCARD / AFP)

C’est un véritable plaidoyer. Le réalisateur français Ugo Bienvenu, nommé aux Oscars pour son film Arco, s’alarme du recours croissant à l’IA. « C’est pas un outil« , s’indigne-t-il, « c’est comme si on voulait, parce qu’on avait une super béquille, se scier la jambe. »

À 38 ans, il vient de remporter deux Césars, meilleur long-métrage d’animation et meilleure musique originale. Pour ce dessinateur de BD, très attaché au processus artisanal de la création, l’imagination est « un muscle » capable de se gripper. « Le vrai danger, c’est qu’on (…) s’affaiblisse intellectuellement. Il ne s’agit même pas de nos boulots, il s’agit de ce qui fait qu’on est des humains, » explique-t-il à l’AFP.

Un discours qui va à l’encontre des orientations prises par l’Académie des Oscars. L’an dernier, elle a actualisé ses règles pour préciser que l’IA est considérée comme un outil neutre, au même titre que les effets spéciaux. Les films qui concourent peuvent donc l’utiliser, mais restent jugés « en tenant compte du degré auquel un humain a été au cœur de l’initiative créative« .

Cela a permis d’apaiser une campagne marquée par les débats autour de certains prétendants à l’Oscar du meilleur film, comme The Brutalist qui a utilisé l’IA pour améliorer l’accent de l’architecte hongrois interprété par Adrien Brody, ou Dune : Deuxième partie qui s’en est servi pour uniformiser les yeux bleus des Fremen – les nomades du désert de la saga interstellaire. Cette saison, deux courts-métrages d’animation, Ahimsa et All Heart, se sont engouffrés dans la porte ouverte par l’Académie, en revendiquant ouvertement leur usage de l’IA. Ils étaient parmi la centaine de films éligibles, mais n’ont pas été nommés.

Le débat est au cœur du film d’Ugo Bienvenu. Arco raconte l’histoire d’un petit garçon venu d’un futur où l’humanité vit en harmonie avec la nature, loin des robots et de l’IA modelant notre époque. « C’est pour ça que je fais de la science-fiction« , affirme le réalisateur français. « C’était pour dire à la génération qui est là : peut-être qu’il y a d’autres issues, peut-être qu’il y a d’autres choses à imaginer. »

Le déjeuner des nominés aux Oscars début février l’a un peu rassuré. L’IA y occupait une grande part des conversations, mais selon lui, « tout le monde est à peu près raccord« . « J’ai l’impression qu’on essaie de nous l’im
FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *