"Si c'est intentionnel, c'est très grave" : des zones d'ombre persistent après le déraillement






Accident du TER Rouen-Caen : Enquête en cours

Deux enquêtes sont en cours, l’une judiciaire, l’autre technique, après le déraillement du TER reliant Rouen à Caen, qui a fait 44 blessés. Au cœur des interrogations, la présence d’un rail aux abords de la voie soulève des questions cruciales.

Développements de l’enquête

Les portes du train sont sous scellés depuis dimanche 13 septembre, et l’enquête se poursuit pour tenter de déterminer les causes de l’accident du TER Rouen-Caen. L’hypothèse privilégiée par le parquet reste un choc avec un morceau de rail dont la présence demeure à expliquer. Selon Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, cela pourrait indiquer un acte intentionnel : « Quand vous avez un rail qui se retrouve sur une voie ferrée et que le conducteur dit qu’il a vu un rail en arrivant, qu’il a déclenché un freinage d’urgence, on peut effectivement penser que quelqu’un l’y a mis. En tout cas, si c’est intentionnel, c’est très grave. »

Les circonstances de l’accident

Le train roulait à 140 km/h lorsqu’il a heurté un morceau d’acier. Le choc a projeté la motrice sur le bas-côté, et les premiers wagons ont déraillé avant de s’immobiliser plusieurs dizaines de mètres plus loin. Sans connaître la provenance du rail incriminé, notre équipe sur place a constaté dimanche après-midi que plusieurs autres morceaux sont entreposés sur le ballast ou proches des voies. La SNCF a assuré qu’il n’y avait pas de chantier en cours dans le secteur.

Les hypothèses en cours

Des individus ont-ils cherché à voler un rail avant d’être interrompus et de le laisser sur les voies ? Cette idée semble peu plausible selon les experts. Julien Joly, consultant transports chez Wavestone, explique : « L’acier a une valeur sur le marché, mais les malfaiteurs vont plutôt rechercher le cuivre dont le cours est de 12.000,00 € la tonne. C’est extrêmement intéressant, on peut le fondre et le revendre au marché noir. »

La problématique de la sécurité des voies

L’accident soulève la question de la sécurité des voies. Chaque année, la SNCF dépense 100 millions d’euros en trains de reconnaissance pour inspecter le réseau, ainsi que dans des caméras de vidéosurveillance et des drones qui surveillent jour et nuit les infrastructures les plus vulnérables. Cependant, l’accès aux voies est impossible à verrouiller complètement, selon les cheminots. Thomas Cavel, secrétaire général CFDT Cheminots, souligne : « Le réseau ferré français est composé de 30.000 km de voies. Malgré tous les outils et dispositifs de surveillance, il est rigoureusement impossible de considérer qu’on puisse être partout en même temps. »

Suites de l’enquête

Alors que l’enquête et les auditions se poursuivent, des engins de chantier et des techniciens ont commencé dimanche à dégager la zone pour préparer l’opération de relevage du train, opération qui prendra plusieurs jours.



FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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