Charlie Dalin, Perrine Dalin et leur fils Oscar. (PERRINE DALIN)





Hommage à Charlie Dalin

À Concarneau, une Armada XXL rendra hommage à Charlie Dalin, mardi 15 septembre, disparu à 42 ans. Pour la première fois depuis la mort de son mari, sa veuve, Perrine Dalin, a accepté de se confier au micro de franceinfo.

La baie de Concarneau retient son souffle et s’apprête à rendre un hommage vibrant au navigateur Charlie Dalin. Charlie est décédé d’un cancer gastro-intestinal dans la nuit du 10 au 11 juin dernier, une forme rare qui l’a emporté à seulement 42 ans. Charlie avait un sourire et un regard à la fois joyeux et mélancolique, une élégance rare, sur l’eau comme à terre. Il aimait la mer, il aimait les bateaux, et c’est une Armada XXL qui va se déployer mardi à Concarneau.

Un hommage voulu par Charlie

franceinfo : Cet hommage, c’est lui qui l’a voulu. Que vous a-t-il dit quand il vous en a parlé ?

Perrine Dalin : Il m’a dit qu’il voulait quelque chose « qui claque », pour reprendre son expression, quelque chose qui nous rassemble autour de la baie de Concarneau. Un hommage vraiment populaire, c’est vraiment le mot qu’il a employé, c’est-à-dire que, pour que ça soit accessible à tout le monde également, je pense que c’est ça aussi qui lui tient à cœur : que ce spectacle-là soit accessible à tous les enfants et toutes les personnes, même si on n’a pas de bateau, même si on ne peut pas être sur l’eau. C’est important pour lui que tout soit accessible et populaire.

Un spectacle de performance

Exactement. Et aussi beaucoup de la performance. Ce qu’il voulait, c’est aussi réunir tous les meilleurs bateaux français de la course au large dans la baie. C’était quand même quelqu’un qui aimait la performance. Pouvoir réunir des IMOCA, des ULTIM, des Figaro, des Class40 et même des Mini, les meilleurs de leur génération, c’était quand même important pour Charlie. Il y aura vraiment tous les acteurs maritimes qui seront représentés, toutes les catégories de plaisance qui seront dans la baie. Ça va être un joli spectacle.

Un défi pour Perrine

Ce n’était pas simple pour vous, j’imagine, de répondre à cette volonté.

C’est vrai qu’il m’a mis un petit sac à dos et il est parti, mais c’était un peu sa spécialité. Il aimait bien me donner des petits sacs à dos et s’en aller comme ça. Ce n’est pas facile, mais je pense que, pour moi, ça donne un sens à mon chagrin d’organiser ça aussi. Je suis aussi fière de pouvoir faire en sorte qu’il continue à vivre à travers ça et surtout, ça lui donne du sens.

Un marin atypique

Charlie Dalin n’était pas issu du monde des marins. C’était plutôt un terrien. Comment est-il arrivé à la mer, à l’océan, au bateau ?

Ça a été déjà une rencontre avec l’Optimist, avec le bateau à sept ans. Une vraie rencontre et une vraie vocation chez Charlie, c’est vraiment ça, c’est-à-dire qu’il a été vraiment porté par une vocation, et c’est ça qui était beau. Il disait souvent qu’il avait sûrement moins de talent que les autres, mais à force de travailler encore deux fois plus que les autres, il est arrivé au palmarès qu’on lui connaît aujourd’hui. Donc, il y est arrivé par vocation au départ et avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail ensuite.

Une passion dévorante

C’était quelqu’un d’opiniâtre ? De perfectionniste ?

Oui, c’était un passionné, je crois. Les passionnés sont forcément un peu perfectionnistes, j’imagine.

Un défi face à la maladie

Quand il est parti sur le Vendée Globe en 2024, alors qu’il se savait malade, qu’avez-vous pensé au plus profond de vous-même ?

Je n’ai jamais douté. J’ai jamais douté parce qu’on avait cet objectif commun, il avait ce rêve. La décision a été prise en connaissance de cause. Moi, avec une équipe médicale de pointe, ce n’était pas de l’inconscience. J’étais là pour le soutenir. Je n’ai jamais été là pour briser ses rêves. Au contraire. J’ai vraiment eu à cœur de le soutenir, vraiment. Et finalement, cette année 2024, avant le départ du Vendée Globe, on l’a vécue vraiment de façon sereine, parce que pour nous, on avait un objectif, et être au départ du Vendée, c’était déjà une victoire.

La confiance dans les médecins

Il est parti avec l’aval des médecins, mais aviez-vous peur ?

Je n’ai jamais eu peur. On m’a souvent demandé si j’avais peur, même pour lui, au niveau de sa sécurité en mer, et je n’ai jamais eu peur. La seule chose dont j’ai peur quand il était en mer, c’était qu’il finisse deuxième. Le reste, je doutais moins. Non, je n’ai jamais eu peur, contrairement au premier Vendée Globe. C’est vrai que là, je n’ai pas eu peur qu’il mette sa santé en danger, parce que j’étais vraiment en complète confiance avec les médecins. Et non, non, je n’ai vraiment jamais ressenti de peur pendant ce Vendée Globe.

Une victoire nécessaire

Il avait besoin de gagner aussi pour être en paix après l’édition 2020-2021. Il avait franchi la ligne d’arrivée en tête, mais il était monté sur la deuxième marche du podium à la suite de la bonification accordée à Yannick Bestaven. Était-ce nécessaire pour lui de remporter ce tour du monde ?

Je crois qu’on peut même dire que c’était vital. En tout cas, il l’a vécu comme une grosse frustration et je pense que ça lui a donné la motivation pour aller chercher ce deuxième Vendée Globe vraiment sans contestation possible. Après, voilà, on ne saura jamais, mais j’aime penser quand même que ce premier Vendée Globe lui a permis de gagner ce deuxième.

Un regard captivant

Qu’est-ce qui vous a séduit chez Charlie Dalin ?

Ses yeux. Son regard. Il y a cette nostalgie et cette intelligence, cette vivacité et cette nostalgie en même temps, je trouvais ça beau.

L’importance de l’hommage

Les derniers mois et les dernières semaines ont été extrêmement difficiles, pour lui évidemment, mais pour vous aussi. Cet hommage est-il important pour vous ? Pour la suite ?

Oui, je pense que ça va marquer dans mon deuil, malgré tout, un tournant, c’est-à-dire que j’ai réussi à faire ce qu’il m’a demandé de faire et je pense que ça va aussi me permettre de pouvoir avancer. Je ne dis pas tourner une page parce que dans un deuil, il y a plusieurs phases, ce n’est pas ça, mais en tout cas, avoir réussi la première étape de ce qu’il m’a demandé de faire et de pouvoir continuer à avancer, je pense vraiment que je vais tirer de cela une grande fierté qui va pouvoir me donner la force de pouvoir continuer à avancer.

Un message pour les générations futures

Charlie souhaitait être une source d’inspiration pour les générations futures. Qu’est-ce qu’il a transmis à Oscar ? Vivre ses rêves, c’est quelque chose qu’il lui a souvent dit ?

Il lui a toujours dit ça. Quand tu veux, tu peux. Ose suivre tes rêves. Par contre, si jamais tu as un rêve, il faut se donner les moyens d’y arriver. C’est-à-dire du travail, du travail, du travail. Donc, pour l’instant, on est sur le foot. Il va falloir qu’il s’entraîne au jonglage, dans le jardin
FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *