Eric Serra, le 19 mai 2026, à Cannes. (SAMEER AL-DOUMY / AFP)






Eric Serra et son album Space Projekt U.M.O.

Tous les jours, une personnalité s’invite dans le monde d’Élodie Suigo. Lundi 22 juin 2026, le compositeur et musicien Eric Serra nous parle de son dernier album, Space Projekt U.M.O., sorti en janvier dernier.

Temps de lecture : 3 min

Eric Serra, le 19 mai 2026, à Cannes. (SAMEER AL-DOUMY / AFP)
Eric Serra, le 19 mai 2026, à Cannes. (SAMEER AL-DOUMY / AFP)

Eric Serra est un compositeur de musiques de films, devenu au fil des années bien plus qu’un musicien, mais une présence émotionnelle dans la vie de plusieurs générations. Ses mélodies font partie de nos souvenirs, de nos voyages intérieurs, de nos photos de famille. Le Grand Bleu nous a donné le vertige et l’appel du large ; Nikita nous a fait trembler ; Léon nous a bouleversés ; Subway nous a entraînés dans des souterrains électriques et poétiques. Le 16 janvier 2026, il a sorti Space Project U.M.O., un disque qui regarde les étoiles autant qu’il regarde l’humain. Un voyage sensoriel, spatial, traversé par des titres comme Astronaut, My Dream Is On, Space Child, Back to Gravity ou encore Return to My Planet. Comme si, depuis toujours, sa musique cherchait à quitter la terre pour mieux nous parler de nous-même.

Un album né de la passion pour l’espace

franceinfo : Quand on écoute cet album, on a l’impression d’embarquer dans un voyage intérieur autant que spatial. Est-ce que cet album est né d’un besoin d’évasion ?

Eric Serra : Cet album est né surtout de ma passion pour l’espace, qui existe depuis ma naissance. Je suis de la génération qui a vu les premiers hommes marcher sur la Lune en direct. C’était dingue, ça m’a toujours fasciné et je ne sais pas pourquoi je n’ai pas fait cet album plus tôt. Ce qui a déclenché l’album, c’est la rencontre avec Thomas Pesquet et avec plusieurs astronautes. Ce sont des gens très impressionnants, je trouve.

« L’album raconte les émotions que traverse un astronaute quand il va passer six mois dans la station spatiale internationale. »

Ce n’est pas vraiment un album sur l’espace, c’est un album sur l’émotion ressentie par les astronautes.

Un voyage émotionnel

Il y a aussi des titres qui nous parlent et ça nous oblige à nous poser cette question, est-ce que composer de la musique, c’est aussi une forme d’astronaute émotionnel ?

On peut considérer ça comme ça. Il y a le cliché que les gens ont en entrant dans un studio pour la première fois : ils ont l’impression d’être dans un vaisseau spatial ou une cabine de pilotage parce qu’il y a des boutons partout, c’est extrêmement high-tech. Depuis que j’ai mon propre studio, j’ai vraiment la sensation d’être aux commandes de mon vaisseau spatial. Évidemment, je sais très bien que c’est mon imaginaire, mais ça me plaît de voir ça comme ça, ça me fait rêver. Effectivement, pour moi, c’est une façon de m’évader et d’explorer, puisque la musique est tellement abstraite qu’il est facile de partir dans l’imagination.

La musique comme un rêve d’évasion

Le rêve d’ailleurs a toujours fait partie de votre vie. Ça permet aussi de continuer à toucher du doigt ce que vous espériez enfant, parce que la musique est entrée très tôt dans votre vie ?

La musique est entrée à ma naissance, je ne me souviens pas avoir commencé. Elle a toujours été là depuis que je suis né. Comme mon père a eu l’intelligence de ne jamais me forcer à prendre des cours, c’est resté mon domaine de liberté totale. Je pense que c’est grâce à cela que c’est resté ma passion.

Passer de l’ombre à la lumière

Vous avez toujours une présence très concrète, mais très invisible, parce qu’au départ vous avez accompagné les projets des autres. Comment l’avez-vous vécu, ça, de passer de l’ombre à la lumière ?

En même temps, moi, j’ai commencé par la scène, j’étais instrumentiste avant d’être compositeur de musique de film. Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas ça et qui me connaissent seulement par les musiques de films. J’ai fait beaucoup de scènes, j’ai travaillé pendant 7 ans avec Jacques Higelin ; c’était un métier que j’adore.

« J’adore la scène. J’ai eu la chance de découvrir ce plaisir quand j’avais 11 ans, et c’est quelque chose de totalement magique, donc c’est un plaisir que je ne me retirerais jamais. »

C’est même mon principal plaisir, je pense.

Le titre de l’album : Space Projekt U.M.O.

Un mot sur le titre de l’album, Space Projekt U.M.O.. Je voudrais savoir ce que ça signifie, parce qu’on se demande même comment ça se prononce.

Moi aussi, je me demande comment ça se prononce, mais « U.M.O. » c’est un petit clin d’œil à UFO qui signifie OVNI en anglais. Donc, « Unidentified Flying Object » et pour moi, cela représente « Unidentified Musical Object ». Dans ce que je fais en général, c’est très éclectique, donc difficile à classer. Le « U.M.O. » représente ainsi le fait qu’il n’est pas identifiable, et j’aimais bien aussi le fait que cela fait penser à « Uomo ». J’espérais que ce soit du latin, mais c’est juste de l’italien, et ça veut dire « la race humaine ». Ça me plaisait par rapport au thème et au sujet de l’album, puisque c’est l’aventure de l’humain dans l’espace. J’aimais bien ce côté énigmatique, parce que tout le monde se demande ce que ça veut dire vraiment.



FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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