Kylian Mbappé salue les supporters après la victoire 3-1 de l'équipe de France face au Sénégal (Hannah Peters - FIFA / FIFA via Getty Images)






Les défis éditoriaux de la Coupe du Monde de football

Les auditeurs s’interrogent sur les défis éditoriaux de la Coupe du monde de football. Pour leur répondre, Nathalie Iannetta, directrice du service des Sports de Radio France, est l’invitée d’Emmanuelle Daviet.

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Kylian Mbappé salue les supporters après la victoire 3-1 de l'équipe de France face au Sénégal.
Kylian Mbappé salue les supporters après la victoire 3-1 de l’équipe de France face au Sénégal (Hannah Peters – FIFA / FIFA via Getty Images)

Le défi logistique de la Coupe du Monde

Emmanuelle Daviet : La Coupe du monde de football est bien sûr un défi pour les équipes nationales et nous allons le voir avec vous, Nathalie. C’est aussi d’une certaine manière un défi pour les journalistes. Couvrir cet événement demande chaque jour beaucoup d’agilité et de flexibilité, avec différents enjeux logistiques et éditoriaux. On commence par le décalage horaire. Des auditeurs souhaiteraient savoir si cela a réellement des conséquences sur l’organisation entre les équipes de journalistes sur place et celles restées en France ?

Nathalie Iannetta : Oui. Il y a un décalage horaire que nous qualifierions de défavorable. Pourquoi ? Parce qu’une grande partie de la nuit aux États-Unis est le jour ici en France. Tous nos confrères européens en subissent les conséquences. Cela a des effets positifs : nos envoyés spéciaux et nos reporters sont très souvent en direct sur Franceinfo dans la matinale, car c’est la toute fin de journée ou le début de nuit chez eux. Ils envoient leurs productions au plus près de l’actualité. Cependant, à un moment, ils vont devoir dormir, tandis que l’antenne de Franceinfo ne s’arrête jamais. Donc, durant la journée, une autre équipe dédiée à la Coupe du monde est présente pour assurer la continuité de l’information.

La gestion des déplacements

Emmanuelle Daviet : Cette compétition est répartie dans trois pays, et les distances entre certaines villes qui accueillent les matchs sont considérables. Comment gérez-vous les déplacements ? Les équipes doivent-elles parfois renoncer à certains reportages pour des raisons logistiques ?

Nathalie Iannetta : Oui, évidemment. Il y a 104 matchs dans cette Coupe du Monde, avec des distances colossales, parfois de plus de 8, 9 ou 10 heures. Par conséquent, nous faisons des choix et renonçons à certains reportages, un aspect essentiel du métier journalistique. Nous avons dû laisser tomber certaines idées et envie pour nous concentrer sur ce qui nous semble le plus important sur le plan éditorial.

Conséquences financières et environnementales

Emmanuelle Daviet : Couvrir une Coupe du monde organisée dans trois pays implique un coût financier et environnemental. Comment vous y prenez-vous pour arbitrer entre l’ambition éditoriale, les contraintes budgétaires et l’empreinte carbone des déplacements ? Des auditeurs sensibles aux questions environnementales s’interrogent à ce sujet.

Nathalie Iannetta : Ils ont raison. Il serait bon que les organisations internationales qui gèrent les grands événements sportifs prennent cela en considération. Nous faisons face à un gigantisme qui nous force à faire des choix et, malheureusement, à accepter l’idée de prendre l’avion plusieurs fois par semaine pour couvrir ces événements. Le coût financier est exorbitant, et je suis personnellement très inquiète quant à l’avenir de la couverture de ces événements dans les chaînes généralistes comme Franceinfo, mais c’est le cas pour nos collègues d’autres médias également. Cela devient de moins en moins soutenable.

Un défi hors-norme

Emmanuelle Daviet : Si vous deviez résumer en un mot ou une formule le défi de cette Coupe du monde pour la direction des sports que vous dirigez, lequel choisiriez-vous ?

Nathalie Iannetta : Hors-norme. C’est vraiment une Coupe du monde hors-norme à tous les sens du terme, inédite également dans ses aspects les plus négatifs. Nous espérons au moins que le sport nous offrira une aventure unique, et ce, de manière positive.



FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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