L'un des messages diffusés via un profil sponsorisé.






Élections municipales 2026

Draguer les électeurs sur les applis de dating, une communication efficace contre l’abstention ? Plusieurs étudiants partagent leur perception de la politique à l’approche de leur premier vote, en soulignant particulièrement l’importance de l’information. Dans ce contexte, Happn et Tinder ont lancé des campagnes innovantes à l’occasion des élections municipales de 2026.

Les enjeux pour les jeunes électeurs

« Toxique », « clivant »… Adrien, Gaspard, Benjamin et Tristan expriment une vision « assez négative » des partis politiques. Toutefois, à l’approche des municipales, ces quatre étudiants parisiens en prépa scientifique, âgés de 19 à 20 ans, s’accordent tous à dire que « voter reste important ». Pour la majorité d’entre eux, ce sont les premières élections auxquelles ils peuvent participer.

« Voter, c’est le fondement de notre démocratie, de notre République. Mais il est également important d’avoir le droit de ne pas voter, de choisir de ne pas s’exprimer, c’est une liberté », estime Adrien.

« Pour voter, il est essentiel d’avoir le temps de lire les programmes. Nous n’avons pas eu trop le temps de nous informer, car nous avons des concours qui arrivent. Nous avons un peu la tête ailleurs. Et nous ne sommes pas dans une filière très politisée, ce qui n’est pas le cas de tous les jeunes », indique Gaspard, qui a déjà participé aux législatives en 2024 après la dissolution de l’Assemblée nationale.

Je trouve que le plus important, c’est de voter pour ce qui nous représente, en étant bien informé.

« On parle rarement de politique », confirme Benjamin. « Je pense que le plus important est de voter pour ce qui nous représente, en étant bien informé. Honnêtement, je ne connais pas grand-chose au contexte municipal, donc je pense que je ne vais pas voter pour ces élections, afin de laisser s’exprimer ceux qui sont mieux informés », ajoute-t-il.

Tristan, de son côté, précise avoir « essayé de se renseigner un peu plus ». « La politique, c’est quelque chose qui compte. En tant que jeunes, nos voix doivent aussi être entendues. Je m’informe beaucoup via les réseaux sociaux, sur Instagram et X. Mais malheureusement, ce ne sont pas toujours des sources fiables », remarque-t-il.

L’augmentation de l’abstention

Bien que la plupart de ces quatre étudiants comptent participer aux municipales, l’abstention est en hausse chez les jeunes, comme le souligne une enquête de l’Insee. L’étude révèle que les écarts de participation selon l’âge et le niveau de diplôme se sont creusés ces deux dernières décennies.

Selon un baromètre d’opinion du Cercle des économistes cité par France Inter, un tiers des 15.000 personnes âgées de 18 à 30 ans interrogées expliquent l’abstention des jeunes par un manque de confiance envers les politiques. Un quart des jeunes adultes interrogés évoquent, quant à eux, le manque d’impact du vote.

Manifests, pétitions en ligne, bénévolat… Le baromètre nuance cependant en soulignant que l’engagement politique prend d’autres formes : plus de trois quarts des jeunes consultés affirment participer plus ou moins régulièrement à des actions citoyennes.

L'un des messages diffusés via un profil sponsorisé.
L’un des messages diffusés via un profil sponsorisé. • © Happn / A Voté

Des campagnes pour sensibiliser

Consciente que « derrière l’abstention massive des jeunes se cachent différentes causes », notamment « l’offre politique actuelle », Clara Michielini, coprésidente de l’ONG A Voté, souhaite agir sur « l’un des freins importants à la participation » : le manque d’information. À l’occasion de ces municipales, cette association, qui lutte contre l’abstention, s’est associée avec Happn pour lancer une campagne sur cette application de rencontre.

« Arrête de crusher, va voter », « Tu cherches un plan Q ? On a un plan procuration pour toi »… Des messages au ton accrocheur sont ainsi diffusés via un profil sponsorisé représentant un bureau de vote. « Quand l’utilisateur like, il reçoit un message avec des infos essentielles pour l’inviter à se rendre aux urnes. L’idée est de coller aux codes de l’application, tout en évitant un côté trop institutionnel », explique Claire Réniér, directrice de la communication de Happn.

La première phase de la campagne s’est concentrée sur l’inscription sur les listes électorales, ouverte jusqu’au 6 février dernier. « Bien que l’inscription des jeunes de 18 ans soit automatique grâce à la journée défense et citoyenneté, lorsque l’on bouge beaucoup avec les études et les premiers emplois, le bureau de vote ne suit pas. De plus, il existe d’autres freins culturels sur lesquels nous travaillons », indique Clara Michielini.

« Nous souhaitons toucher les jeunes là où ils se trouvent. La jeunesse est très engagée, mais souvent de manière numérique. Nous les invitons à sauter le pas, en sortant de chez eux, comme pour un rendez-vous », ajoute-t-elle. Sur Happn, 73 % du public français a entre 18 et 25 ans, précise Claire Réniér, qui estime que la campagne devrait toucher un million de personnes à l’échelle nationale. « Nous avons de très bons retours sur ce type de campagnes, avec beaucoup de clics. Les gens sont dans une démarche intime, ce qui entraîne un fort taux d’attention », affirme-t-elle.

Les visuels diffusés dans le cadre de la campagne associant Tinder et le Service d’Information du Gouvernement (SIG).
Les visuels diffusés dans le cadre de la campagne associant Tinder et le Service d’Information du Gouvernement (SIG). • © Tinder / SIG

L’application concurrente Tinder a également lancé une campagne similaire pour « informer les jeunes électeurs et encourager la participation citoyenne », en s’associant avec le Service d’Information du Gouvernement (SIG). Procuration, rappel des dates… L’idée est aussi d’obtenir des informations pratiques en utilisant l’application.

L’initiative, qui redirige les utilisateurs vers le site du gouvernement dédié au scrutin, est présentée comme un « levier complémentaire » pour lutter contre l’abstention des jeunes adultes, alors que « plus de 60 % des utilisateurs de Tinder ont entre 18 et 30 ans », selon un communiqué. Sur Happn comme sur Tinder, ces campagnes se poursuivent jusqu’au second tour des municipales, prévu pour le dimanche 22 mars.



FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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