L'aile Nord du château de Chenavel, détruite par un incendie. (MATHILDE IMBERTY / RADIO FRANCE)






Loto du Patrimoine 2026 : Premier Tirage et Historique des Financements

Le premier tirage de l’édition 2026 du Loto du patrimoine a eu lieu lundi 7 septembre. Depuis le lancement de cette initiative, 383 millions d’euros ont été récoltés, permettant ainsi la sélection de 1 080 sites à travers le pays.

Publiée le , cette nouvelle ne manquera pas d’intéresser les passionnés du patrimoine historique français. Le temps de lecture de cet article est estimé à 4 minutes.

L'aile Nord du château de Chenavel, détruite par un incendie. (MATHILDE IMBERTY / RADIO FRANCE)
L’aile Nord du château de Chenavel, détruite par un incendie. (MATHILDE IMBERTY / RADIO FRANCE)

Ce tirage est indissociable d’un nom : Stéphane Bern. Depuis neuf ans, ce célèbre animateur français, passionné d’histoire, a accepté la mission confiée par Emmanuel Macron. En 2018, le président, alors tout juste élu, a proposé de vendre des jeux à gratter et des tickets de loto pour financer en partie la restauration des monuments français, qu’ils soient églises, châteaux, forts, viaducs ou moulins, dans tous les départements français.

Le concept a rapidement séduit les Français et continue de financer des projets de restauration. À Jujurieux, dans l’Ain, le Loto du patrimoine soutient notamment l’un des 13 châteaux de la commune, le château de Chenavel. Ce bâtiment remarquable, avec ses trois ailes, ses quatre tours et sa vue exceptionnelle sur la vallée de l’Ain, suscite l’intérêt.

« Le château date de 1340. À la Révolution, il n’a pas été démoli, » indique Marie-Françoise Bonnard, déléguée de la Fondation du patrimoine dans l’Ain. « Il a été effectivement la propriété de la famille Bonnet, qui est devenue une institution à Jujurieux. Toutefois, depuis le XXe siècle, maintenir de tels bâtiments en bon état est devenu très difficile. La restauration se chiffre en millions d’euros. »

Franck Turquois, l’architecte des travaux, mesure l’ampleur du chantier. « L’aile nord a souffert à cause d’un incendie, » précise-t-il. « Nous allons travailler en collaboration avec Archipad, l’architecte du patrimoine. Nous voyons encore les poutres calcinées. C’est la première chose à faire. » Il ajoute que deux murs de soutènement se sont effondrés et qu’il faudra les renforcer.

Le Loto du patrimoine permet à un propriétaire privé d’obtenir jusqu’à 300 000 euros, un montant qui doit couvrir les travaux d’urgence. « Cela encourage les propriétaires, » souligne Marie-Françoise Bonnard.

Le château de Chenavel (MATHILDE IMBERY / RADIO FRANCE)
Le château de Chenavel (MATHILDE IMBERY / RADIO FRANCE)

La restauration est également bénéfique pour Jujurieux, comme le rappelle son maire, Frédéric Monghal. « C’est l’histoire de la commune, » explique-t-il. « Avec ces châteaux de l’industrie, l’usine comptait 2 000 ouvriers. Dans le cœur du village, les machines tournaient. Nous avons une véritable affection pour notre village et son patrimoine. » À l’avenir, le château devrait ouvrir périodiquement au public, conformément aux projets de ses propriétaires.

La question se pose néanmoins : quelle part de l’argent dépensé par les joueurs revient véritablement à la restauration du patrimoine ? Seule une faible portion. Pour le jeu à gratter Mission Patrimoine, qui coûte 15 euros, la Fondation du patrimoine perçoit 1,86 euro par ticket. Pour une grille de Loto à 2,20 euros, elle récupère 54 centimes.

Depuis le début du Loto du patrimoine, 383 millions d’euros ont été récoltés. En tout, 1 080 sites ont été sélectionnés. Plus de 70 % des projets retenus sont déjà sauvés ou sur le point de l’être, tandis que 281 chantiers restent en cours.

Cette année encore, 100 nouveaux sites ont été identifiés pour recevoir des financements, dont le fumoir des anciens abattoirs à La Châtre (Indre), le moulin de l’Hermite à Pérrigneux (Loire) et la synagogue de Dijon (Côte-d’Or). Au total, 7 000 sites ont été signalés partout en France.

Cependant, ces sommes demeurent bien loin des millions d’euros investis par l’État pour restaurer certains monuments parisiens. Stéphane Bern a récemment exprimé son désarroi à ce sujet, rappelant que la France n’est pas uniquement Paris. « Il y a des petites églises qui ont mille ans d’histoire et pour lesquelles on ne trouve pas de financements. La restauration du patrimoine contribue aussi à l’économie locale. »



FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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