Federico Martin Aramburu marque lors du match pour la troisième place de la Coupe du monde de rugby à XV entre la France et l'Argentine, le 19 octobre 2007, au Parc des Princes, à Paris. (PAUL ELLIS / AFP)






Procès de la mort de Federico Martin Aramburu

Quatre personnes sont jugées du 7 au 25 septembre à Paris après la mort de l’ancien international argentin. Il y a quatre ans et demi, il a été tué après une soirée marquée par une bagarre, des tirs et une traque dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés.

La Nuit Tragique au Mabillon

La fin de soirée approche au Mabillon, bar tendance du VIe arrondissement de Paris. Le tintement des verres se mêle aux éclats de voix. L’établissement s’apprête à fermer, le 19 mars 2022. Deux groupes que tout oppose, mais dont un visage n’est pas inconnu du grand public, sont attablés à quelques mètres l’un de l’autre. D’un côté, Romain Bouvier, 31 ans, et Loïk le Priol, 27 ans, deux membres de l’ultradroite, sympathisants du GUD (Groupe Union Défense), dissous en juin 2024. De l’autre, l’Argentin Federico Martin Aramburu, 42 ans, ex-rugbyman international, et son ancien coéquipier âgé de 38 ans, Shaun Hegarty.

Une rixe éclate sur la terrasse du boulevard Saint-Germain, artère huppée de la capitale. S’ensuivent une course-poursuite, deux scènes de tirs, dix détonations et un mort : le double champion de France de rugby en 2005 et 2006, Federico Martin Aramburu.

Le Jugement et les Accusés

La cour d’assises de Paris ouvre ses portes lundi 7 septembre pour juger Loïk Le Priol pour assassinat. Il plaide la légitime défense. Son ami Romain Bouvier, justifiant des tirs « dissuasifs vers le sol » – une version contestée par la vidéosurveillance – est lui jugé pour complicité de tentative d’assassinat. La compagne du premier, Lyson R., et l’ami du second, Anthony S., sont également convoqués sur le banc des accusés. La jeune femme, présente le soir des faits, comparaît pour complicité d’assassinat. L’ami de Romain Bouvier, 37 ans, est pour sa part mis en cause pour recel de malfaiteur et soustraction d’objet en vue de faire obstacle à la manifestation de la vérité.

Franceinfo revient sur le déroulé de cette nuit au cours de laquelle l’ancien champion a brutalement succombé.

Le Chronologie des Événements

Il est 4h40 lorsque les deux militants d’ultradroite s’installent au Mabillon, rapporte l’ordonnance de mise en accusation. Loïk Le Priol, bientôt rejoint par sa compagne Lyson R., fréquente régulièrement ce café. Près de quarante minutes plus tard, les deux rugbymen, qui ont déjà bu « une dizaine de verres », s’installent à leur tour sur la terrasse. Ils prévoient d’assister le soir même au match France-Angleterre du tournoi des Six Nations. L’ambiance est festive, les bières s’enchaînent et les cigarettes se consument.

L’horloge affiche 5h52 lorsque Loïk Le Priol, ancien militaire radié de l’armée, tapote à plusieurs reprises sur la joue de Shaun Hegarty, nécessitant l’intervention du vigile du bar. Selon le témoignage de Hegarty, le militant ultradroite vient d’être interpellé par lui. Ce dernier lui reproche de s’être adressé « de manière condescendante à un voisin », assis à une autre table. « Ce n’est pas comme ça qu’on traite quelqu’un », intime alors Shaun Hegarty. « Toi, tu vas fermer ta gueule », lui rétorque Loïk Le Priol. « Sinon, je vais te fumer et j’irai baiser ta mère. »

Ce soir-là, les deux sympathisants du GUD, rencontrés sur les bancs de l’université Assas, commettent une violation de leur contrôle judiciaire. En cause : une affaire de violences en réunion à l’encontre d’Edouard Klein, un ancien chef du GUD. Tandis que Loïk Le Priol n’est pas autorisé à se rendre en Île-de-France, les deux amis ont interdiction d’entrer en contact et de porter une arme. Pourtant, les caméras de surveillance laissent entrevoir Loïk Le Priol manipulant une arme attachée à sa ceinture au cours de la soirée, dans les escaliers menant aux toilettes.

Les Événements Semblaient Empirer

Après les menaces de Loïk Le Priol, les deux hommes rejoignent leur table respective. Les minutes filent dans une certaine accalmie. À 6 heures, Federico Martin Aramburu et Shaun Hegarty s’apprêtent à quitter le bar. Mais l’ancien champion de France avec Biarritz, reconverti en gérant d’une agence de voyages, saisit soudainement la capuche du militant d’ultradroite, provoquant sa chute. Un affront pour Loïk Le Priol qui réagit immédiatement. En une fraction de seconde, les deux hommes s’assènent des coups, rapidement rejoints par Shaun Hegarty et Romain Bouvier. La rixe se termine de l’autre côté de la rue de Buci, située à l’angle du boulevard Saint-Germain, devant un kiosque à journaux.

Séparés par le personnel du bar, les deux rugbymen s’éloignent à pied. « Je vais le tuer », clame Loïk Le Priol, la main sur le cœur sous le regard de l’agent de sécurité. Ne prenant pas au sérieux cette menace, l’un des serveurs lui répond : « Mais tu vas tuer qui, toi ? ». Loïk Le Priol, dont un couteau est tatoué sur l’avant-bras, révèle un brassard siglé « Police » devant l’agent de sécurité. Il exhibe également un revolver, dont le chargement avait été vérifié dans les sanitaires.

« Pourquoi vous les avez laissés partir ? On voulait les niquer ! », crie Romain Bouvier, furieux. Pour calmer la tension, des salariés du bar tentent de leur faire croire que les deux ex-rugbymen ont quitté les lieux en taxi. Mais Loïk Le Priol ne démord pas. Il s’extirpe à toute vitesse en direction du boulevard Saint-Germain. Sans le savoir, il dépasse les deux sportifs retranchés dans un hôtel pour réclamer des glaçons. Au même moment, une Jeep verte s’approche du Mabillon. Au volant de la voiture, Lyson R., la compagne de Loïk Le Priol, est aussitôt rejointe par Romain Bouvier. « On va les retrouver. » Il est 6h07.

Quelques centaines de mètres plus loin, Lyson R. et Romain Bouvier rattrapent les deux rugbymen au pied d’un magasin de chaussures. Lyson R. tente de mettre le véhicule entre Romain Bouvier et Federico Martin Aramburu, mais l’ex-international des Pumas se dirige vers le militant néo-nazi, qui pointe son arme à l’horizontale. L’ex-joueur biarrot lève les bras. Une première détonation retentit, suivie de trois autres. Deux balles, non mortelles, l’atteignent. À 6h08, Romain Bouvier s’enfuit à pied quand Lyson R. s’engage seule dans la direction opposée, rue de la Seine.

Le Tragique Dénouement

Averti par les coups de feu, Loïk Le Priol rebrousse chemin en courant et surgit devant le magasin de chaussures. Une nouvelle bagarre éclate, violente. Sous une grêle de coups, il sort à son tour son revolver. Six coups de feu sont portés en quatre secondes. Il est 6h09. Le militant de 31 ans s’enfuit, lui aussi, à pied. Deux des
FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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