Demi Vollering sur le podium de la 8e étape du Tour de France femmes, le 8 août 2026, à Nice. (NICOLAS TUCAT / AFP)





Le Tour de France Femmes 2026 : Un Duel Palpitant

Comme la Vuelta et le Giro cette saison, le Tour de France femmes pourrait encore une fois basculer lors de la dernière étape, dimanche, à Nice.

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Temps de lecture : 4 min

Demi Vollering sur le podium de la 8e étape du Tour de France femmes, le 8 août 2026, à Nice. (NICOLAS TUCAT / AFP)
Demi Vollering sur le podium de la 8e étape du Tour de France femmes, le 8 août 2026, à Nice. (NICOLAS TUCAT / AFP)

On prend les mêmes, et on recommence. Deux ans après une dernière étape dantesque à l’Alpe d’Huez, qui avait permis à Katarzyna Niewiadoma de remporter le Tour de France femmes devant Demi Vollering pour quatre petites secondes, les deux femmes vont de nouveau se livrer un duel acharné, dimanche 9 août. Au départ de la dernière étape de cette 5e édition du Tour, les rôles sont inversés : après son numéro de la veille, c’est Demi Vollering qui porte le maillot jaune, avec la Polonaise dans le rétroviseur, à huit petites secondes.

Comme la Vuelta en mai, puis le Giro début juin, le Tour de France femmes pourrait ainsi bien basculer lors de l’ultime étape. À la différence près qu’en Espagne et en Italie, c’est une autre Néerlandaise qui avait le maillot de leader au départ de la dernière étape : Anna van der Breggen, finalement battue sur la Vuelta par Paula Blasi, et sur le Giro par… Demi Vollering. « On a renversé le Giro à la dernière étape, comme on a renversé les Strade Bianche et Paris-Roubaix. On n’est pas du genre à abandonner », prévenait d’ailleurs Stephen Delcourt au départ de Sisteron, samedi, au lendemain de la prise de pouvoir pas si surprise de Kasia Niewiadoma sur le mont Ventoux.

Autrefois friable mentalement, Demi Vollering a cette fois su encaisser le coup. « On apprend de ce genre d’étape. Il ne faut pas minimiser la grosse performance de Kasia, mais ça va bien, on est déterminés. Demi est en très bonne forme aussi, l’écart est là, mais ça ne reste que 15 secondes à reprendre sur deux étapes. On peut perdre le Tour dans un virage, sur une bordure, tout est possible. Il reste beaucoup de kilomètres », promettait ainsi Stephen Delcourt au départ de Sisteron, samedi, moins détendu et souriant que les jours précédents, mais plus déterminé que jamais.

« Il n’y a aucun problème de jambes, on a pris la course en mains comme voulu, Kasia a fait ce qu’elle avait à faire, elle a fait une très belle montée. C’est facile de refaire la course, l’erreur c’est d’avoir laissé partir Kasia. Demi tourne la tête d’un côté, ça part de l’autre, Marlen n’aide pas ensuite. Je préfère regarder devant, 15 secondes c’est prenable. Ça va bien ce matin, tout le monde a le sourire. Tout le monde est déterminé, positif », assurait le boss de la FDJ United-Suez, conscient que les trois ascensions dans l’approche de Nice pouvaient rebattre les cartes, après huit jours de course éprouvants.

C’était d’ailleurs le souhait de l’organisation, désireuse de maintenir le suspense jusqu’au dernier coup de pédale, quitte à déplaire aux équipes de queue de peloton. Ces dernières n’ont d’ailleurs pas manqué de regretter la difficulté de cette étape « de transition » (sur le papier) entre Sisteron et Nice, qui a achevé les organismes d’un côté, mais permis aux favorites de s’expliquer de nouveau. Après l’enchaînement des côtes de Colomars et de la Ginestiére, c’est finalement le raidard non répertorié du chemin de l’Arieta, avec ses passages à 17%, qui a fait basculer le Tour de France.

Ce petit bout de rue sur les hauteurs de Nice aura peut-être plus d’impact sur le classement général final que le mont Ventoux, puisque c’est là que Demi Vollering a placé un coup d’accélérateur dévastateur, avant d’appuyer encore dans la descente pour signer sa 5e victoire d’étape sur le Tour, sur la promenade des Anglais. « Je suis allée à la limite de ce que je pouvais faire. Je m’attendais bien sûr à une attaque de Demi Vollering. Je savais que ça allait se passer là », a regretté Kasia Niewiadoma.

Avant de dénoncer l’attitude de l’équipe rivale : « Au début de l’ascension, je n’étais pas dans sa roue parce que Célia Géry m’a bloquée contre les barrières. La FDJ United-Suez a bien couru, mais ça n’a pas été facile pour moi car j’étais vraiment proche de la barrière, donc je n’ai pas pu bouger. Honnêtement, j’ai perdu tout respect pour elles à cause de ça. »

C’est donc dans la polémique que Demi Vollering a récupéré le maillot jaune à la veille d’un final encore plus explosif. Car la dernière étape s’annonce encore plus animée, certains y voyant même une journée encore plus dure que le Ventoux, avec 2.100 mètres de dénivelé positif à avaler en 99 km autour de Nice, sur un circuit emprunté quatre fois avec le col d’Eze en hors-d’œuvre. De quoi frôler l’indigestion pour la queue de peloton, mais offrir un dernier festin aux favorites. « Le parcours est super difficile. Tout peut arriver », a d’ailleurs prévenu Demi Vollering samedi, soulagée d’attaquer « la dernière journée en jaune après avoir remporté deux étapes. »

Directrice de l’épreuve, Marion Rousse, ne cachait d’ailleurs pas que ce scénario était son intention, avant le grand départ de Lausanne : « Ce sera très tactique après huit jours de course, avec un circuit compliqué. Le col d’Eze est terrible, encore plus au dernier passage avec le chemin des Vinaigriers en amont. Même si le Ventoux a fait des écarts, il y a de quoi renverser la tendance sur un parcours qui a un bon punch. »

Du punch, Demi Vollering et Katarzyna Niewiadoma n’en manquent pas, tandis qu’elles restent les mieux placées pour enlever ce Tour de France femmes 2026, et devenir la première double lauréate de l’histoire. À moins d’un nouveau tour de force de Marlen Reusser, qui pointe à 1.12 au départ de cette ultime joute. Après tout, Demi Vollering elle-même le disait, samedi, après avoir renversé la table : « Dans une course par étapes, chaque jour compte. On peut être déçu un soir, mais le lendemain il faut y retourner. »



FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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