Le président de la FIFA, Gianni Infantino, lors de son arrivée à la finale de la Coupe du Monde 2026 le 19 juillet à New-York, aux Etats-Unis. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)






La FIFA annonce la création d’une société commerciale

Christophe Le Petit décryptait auprès de franceinfo l’annonce de la Fédération internationale de football, une association à but non lucratif, de vouloir créer une société pour gérer ses activités commerciales et attirer des investisseurs extérieurs. Cette décision est vivement critiquée par de nombreuses instances régionales du ballon rond.

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Le président de la FIFA, Gianni Infantino, lors de son arrivée à la finale de la Coupe du Monde 2026 le 19 juillet à New-York, aux Etats-Unis. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, lors de son arrivée à la finale de la Coupe du Monde 2026 le 19 juillet à New-York, aux Etats-Unis.
(CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Un nouveau projet secoue les différentes instances du football. Mardi 28 juillet, la Fédération internationale de football (FIFA) a annoncé vouloir créer une société qui gérerait ses activités commerciales et susciterait l’intérêt d’investisseurs extérieurs, avec à terme la promesse d’une manne de 10 milliards de dollars pour financer le développement du football. « L’administration de la FIFA explore l’idée de réunir tous les droits commerciaux – la diffusion, le sponsoring, la billetterie, l’octroi de licences – avec la mise en œuvre opérationnelle de ses tournois à travers la création de la FIFA Forward Enterprise (FFE) », précise le communiqué de l’instance mondiale du ballon rond.

L’annonce du projet n’a pas manqué de faire réagir le monde du football et au-delà, dont l’Union Européenne et l’UEFA. Qu’est-ce qu’impliquerait ce projet, davantage critiqué que salué, dans l’économie du football mondial ? L’économiste Christophe Le Petit, responsable des études économiques au Centre de droit et d’économie du sport, décrypte son fonctionnement et ses conséquences auprès de franceinfo.

Comment la FIFA s’organisait jusqu’à présent ?

Même si elle a officiellement le statut d’une association à but non lucratif en Suisse, similaire à celui du droit français, elle peut réaliser des profits. Ces bénéfices doivent toutefois être redistribués au sein de la pyramide du football, principalement issus de sa « poule aux œufs d’or », la Coupe du Monde masculine.

Christophe Le Petit, économiste du sport : « Grâce à une édition record de la Coupe du Monde masculine en 2026, la FIFA a généré beaucoup d’argent, en faisant une institution extrêmement rentable. »

Cet excédent d’argent permet de financer en priorité les frais d’administration, de structure, de salaires et les compétitions déficitaires telles que le Mondial de futsal ou les Coupes du Monde jeunes. Dans un second temps, ces bénéfices permettent aussi de soutenir les différentes confédérations internationales comme l’instance européenne de football (UEFA) ou la Concacaf qui concerne l’Amérique du Nord, centrale et les Caraïbes. Ils ne sont toutefois pas reversés sous forme de dividendes auprès des dirigeants mais grâce à des programmes de solidarité à l’image du programme FIFA Forward, qui redistribue ces sommes aux fédérations membres et aux confédérations sous forme de « boni », ou bonus, dans le cas précis des confédérations.

Quels changements avec la création d’une société commerciale ?

Pas grand-chose d’un point de vue opérationnel. Par la création de sa société commerciale, la FIFA veut introduire un système similaire à celui de la Ligue de Football Professionnel en France et la création de LFP Media par exemple. L’instance dirigée par Gianni Infantino souhaite sortir un ensemble de droits, en particulier d’exploitation commerciale de ses compétitions, notamment de sa compétition phare, la Coupe du Monde masculine, pour les confier à une société commerciale.

A priori, dans la version finale du projet, la FIFA détiendrait encore 80 % des actions des droits commerciaux tandis que 20 % d’entre eux deviendraient la propriété d’un ou plusieurs investisseurs issus de cette société. Ces 20 % détenus par cette future société commerciale seraient ainsi mis sur le marché dans les semaines, les mois ou les années à venir. Cette mise sur le marché permettra de solliciter un ou des investisseurs qui voudraient acheter tout ou une partie de ces parts-là, moyennant des sommes extrêmement considérables, pouvant être de l’ordre de plusieurs milliards de dollars. Ces milliards de dollars pourraient être distribués, notamment dans l’écosystème du football, une fois que les frais de ladite société, d’administration et d’exploitation liés aux produits vendus auront été déduits.

Quels intérêts financiers derrière cette stratégie ?

Pour la FIFA, l’intérêt serait de poursuivre cette quête permanente de nouveaux revenus. On a déjà pu l’observer de manière concrète au cours de la Coupe du Monde 2026 avec les tarifs de billetterie très élevés. Gianni Infantino et la FIFA cherchent à accroître toujours plus les revenus de l’instance pour pouvoir en redistribuer davantage au sein de l’écosystème du football et légitimer leur action, tout en affirmant que celle-ci est bénéfique au développement du football.

Il y a certes une forme d’action volontariste de la FIFA pour développer ces revenus, mais celle-ci semble également être le fruit d’une pression exercée par les fédérations membres, c’est-à-dire par les fédérations nationales. Sans compter les clubs professionnels qui mettent à disposition leurs joueurs aux équipes nationales dans le cadre des grandes compétitions, par les clubs qui participent à la Coupe du Monde des clubs, qui a eu lieu en 2025 et qui devrait à nouveau se tenir, car ces membres, ces parties prenantes, exercent une pression permanente sur la FIFA.

Christophe Le Petit, économiste du sport : « Si vous combinez la volonté de la FIFA de légitimer son action et cette pression interne des membres de l’instance pour obtenir plus d’argent, cela entraîne des projets qui visent à générer toujours plus de revenus. »

C’est pourquoi il y a des tarifications « dynamiques », sans prix fixe, sur les billets de Coupe du Monde qui sont mises en place, ainsi que des pauses fraîches accompagnées de passages publicitaires, une hausse du nombre de participants au Mondial qui passe de 32 à 48 pour la première fois lors de l’édition de 2026, et surtout ce projet de création d’une société commerciale susceptible de lever plusieurs milliards de dollars.

Quels risques avec des investisseurs privés ?

Pour la Coupe du Monde, le risque semble relativement limité car il y a toujours des garde-fous sur ce que doit devenir le Mondial. Cependant, il existe des risques inhérents à l’investissement : ces investisseurs prêts à acheter 20 % des parts de cette société ne sont pas des philanthropes. Ce sont des sociétés cherchant à se rémunérer de manière courante via la remontée des dividendes. S’il y a des bénéfices avec cette société commerciale, une partie ira à la FIFA pour un reversement dans les fédérations, mais une partie ira également aux investisseurs.

Christophe Le Petit, économiste du sport : « On aura des investisseurs intéressés par la croissance continue des revenus, en particulier des droits télévisuels et des retombées commerciales. »

Les investisseurs peuvent également envisager de revendre leurs parts dans quelques années à un prix supérieur. Cela implique également que la FIFA pourrait
FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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