Le chancelier allemand Friedrich Merz salue des soldats lors de sa visite à la caserne de l'armée allemande à Münster, dans le nord de l'Allemagne, le 30 avril 2026. (DANIEL REINHARDT / AFP)






Berlin renouvelle son armement

Après des années de sous-investissement, Berlin accélère son réarmement. Une évolution saluée par ses partenaires européens, mais qui suscite aussi des inquiétudes.

Publiée le 10/07/2026 à 08:29 | Mise à jour le 10/07/2026 à 08:29
Temps de lecture : 1 min

Le chancelier allemand Friedrich Merz salue des soldats lors de sa visite à la caserne de l'armée allemande à Münster, dans le nord de l'Allemagne, le 30 avril 2026. (DANIEL REINHARDT / AFP)
Le chancelier allemand Friedrich Merz salue des soldats lors de sa visite à la caserne de l’armée allemande à Münster, dans le nord de l’Allemagne, le 30 avril 2026. (DANIEL REINHARDT / AFP)

Il est loin le temps où l’on se moquait de la Bundeswehr, armée allemande vétuste et sous-équipée : des parachutistes privés de casques, des commandos marine sans piscine où s’entraîner. Une guerre en Ukraine plus tard, la menace russe et le lâchage de l’Amérique trumpiste ont convaincu Berlin : il faut se réarmer.

Un budget de défense sans précédent

L’Allemagne consacrera cette année 2026 124 milliards d’euros à sa défense, soit presque deux fois plus que la France. Elle prévoit de doubler ce budget militaire en quatre ans. Un effort colossal, financé, pour la première fois, par l’endettement. Cette Zeitenwende, ou changement d’ère, s’est concrétisé début juillet par plusieurs annonces fortes.

Achat de missiles Tomahawk et contrats d’armement

D’abord l’achat de missiles Tomahawk aux États-Unis, pour renforcer la sécurité de l’Europe, notamment face aux Iskander russes. Des missiles que les Européens ne savent pas, pour l’instant, fabriquer. Donald Trump a bien failli les en priver : très fâché par les critiques allemandes de sa guerre au Moyen-Orient, il a annulé le déploiement des Tomahawk et annoncé le retrait de soldats américains du sol allemand. Mais il a rétropédalé durant la semaine du lundi 6 au dimanche 12 juillet, au grand soulagement du chancelier Friedrich Merz.

L’autre annonce est venue du Canada, qui va acheter sa nouvelle flotte de sous-marins au groupe allemand TKMS. Un méga-contrat de plusieurs dizaines de milliards d’euros, passé sous le nez du français Naval Group.

Des tensions croissantes en Europe

L’Allemagne achète, fabrique et vend de plus en plus d’armes. Cette évolution est perçue avec une certaine ambivalence par ses voisins. La prise de conscience de Berlin, après des années de sous-investissement, est une bonne nouvelle : la première puissance économique européenne ne pouvait pas continuer à ignorer la sécurité collective. Mais ses nouvelles ambitions militaires provoquent aussi des crispations, alors que l’extrême droite allemande progresse et ravive de bien mauvais souvenirs.

À Paris, on souligne aussi que Berlin achète américain. La fameuse autonomie stratégique européenne s’accommode mal de l’impatience allemande à se réarmer. L’échec du Scaf, l’avion de combat franco-allemand enterré il y a un mois, pèse lourd. L’Allemagne est accusée de faire cavalier seul et Paris, distancé par la puissance financière allemande, craint de décrocher.

De quoi alimenter les débats lors du conseil des ministres franco-allemand, qui se tiendra dans une semaine en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.



FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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