Les Bourses européennes réagissent à l'accord de paix entre les États. Le titre ne doit inclure






Marchés et pétrole : accords au Moyen-Orient

Les marchés anticipent le retour à la normale dans le détroit d’Ormuz, point de blocage de 20 % de l’offre mondiale de pétrole. À l’unisson des marchés mondiaux, la Bourse de Paris saluait ce lundi 15 juin l’annonce d’un accord au Moyen-Orient, qui ramène le prix du pétrole vers les 80 dollars et assouplit les taux sur les marchés obligataires. Vers 10h30, l’indice CAC 40 modérait sa progression par rapport à l’ouverture (+1,25 %) en gagnant 104,16 points à 8.455,92 points. Anticipant l’accord, le panier des 40 grandes valeurs françaises avait déjà progressé vendredi de 150,07 points (+1,83 %), à 8.350,87 points.

Médiateur dans le conflit, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a annoncé dimanche un accord entre les États-Unis et l’Iran, avec une cérémonie de signature prévue vendredi à Genève. L’annonce a été confirmée par Téhéran et par le président américain Donald Trump qui a souhaité que « le pétrole coule à flots ! » avec la réouverture du détroit d’Ormuz. Le pétrole baissait de près de 5 %, que ce soit pour le Brent de la mer du Nord (-4,52 % à 83,38 dollars le baril) ou pour le WTI américain (-5,04 % à 80,60 dollars).

« On devrait voir un soulagement » sur les marchés avec « un pétrole plus bas, donc des taux en baisse d’un côté et de l’autre, moins de crainte sur la croissance et donc des actions en hausse », résume Kevin Thozet pour Carmignac. « Depuis le début du conflit avec l’Iran, les investisseurs ont saisi chaque prétexte, chaque rumeur d’accord – souvent démentie par Téhéran par la suite – pour renforcer leurs positions », rappelle Antoine Andreani de XTB. Sur le marché obligataire, les taux d’emprunt des États se détendaient avec la baisse des prix du pétrole, et le recul provisoire des risques d’inflation. Le rendement de l’emprunt français à dix ans affichait 3,69 % contre 3,74 % vendredi à la clôture.

Le recul de TotalEnergies

Sans surprise, le géant pétrolier TotalEnergies décrochait avec la baisse du pétrole (-5,68 % à 207,50 euros). À l’inverse, l’action de Saint-Gobain (+5,17 % à 79,68 euros) profitait de l’annonce de la vente au groupe finlandais Kesko de ses activités de distribution de matériel de plomberie, d’équipements sanitaires et de chauffage en Suède, Norvège et au Danemark, pour 1,5 milliard d’euros.

En deuxième position, Safran (+4,54 % à 320 euros) tirait profit de l’annonce d’une commande de 1.000 jumelles infrarouges multifonction. Les deux fabricants automobiles Renault (+4,61 % à 29,05 euros) et Stellantis (+4,08 % à 6,14 euros) tiraient également la cote du CAC 40 vers le haut. Par ailleurs, Schneider Electric (+3,47 % à 274,5 euros) a annoncé lundi un accord de collaboration avec une filiale de Foxconn (sous-traitant d’Apple) pour construire des centres de données.

Pétrole à 80 dollars le baril

Très volatils, les cours pétroliers ont en effet chuté à l’annonce d’un accord entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin au conflit que le président américain et Israël avaient déclenché le 28 février. Vers 07h30 GMT, le Brent de la mer du Nord reculait fortement (-5,06 %) à 82,91 dollars le baril. Le WTI américain suivait la même tendance (-5,70 % à 80,04 dollars le baril). « C’est de loin le plus bas niveau depuis les premiers jours de la guerre », commente Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote.

Les marchés anticipent le retour à la normale dans le détroit d’Ormuz, point de blocage de 20 % de l’offre mondiale de pétrole, après l’annonce de l’accord. Cet accord a été annoncé dimanche soir par le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, médiateur clé du conflit, et confirmé peu après par Washington et Téhéran. Il doit être signé vendredi à Genève et ouvrira une phase de soixante jours de négociations. « Que le pétrole coule à flots ! », s’est félicité Donald Trump, ajoutant que cette ouverture interviendra « dès la signature de l’accord vendredi afin de permettre le déminage ».

Prudence des analystes

« On a été échaudés un certain nombre de fois par l’imminence d’un accord, mais il semble (…) que cette fois-ci ce soit le bon », a déclaré la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde sur la radio France Culture. Sur le marché obligataire, l’annonce de l’accord a également provoqué un soulagement sur les taux d’emprunt des États, qui avaient fortement augmenté depuis le début du conflit avec les risques d’inflation. Lundi matin, le rendement du « Bund » allemand à dix ans affichait 2,95 % contre 2,99 % vendredi en clôture et son équivalent français suivait la même trajectoire (3,68 % contre 3,73 %).

« C’est aussi un vrai soulagement pour les sept banques centrales qui se réunissent cette semaine », observe Kevin Thozet. Hasard ou pas, l’accord annoncé par Donald Trump intervient en effet juste avant la première réunion de la Réserve fédérale sous la présidence de Kevin Warsh. « Pour l’instant, le marché achète le rebond de soulagement. La prochaine épreuve sera de voir si les données macroéconomiques et les banques centrales permettent à ce soulagement de durer », souligne Florian Ielpo de la banque privée Lombard Odier.



SOURCE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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