"Vladimir Poutine admet des problèmes sur le terrain, selon Régis Genté". El título no debe






Analyse du Comportement de Vladimir Poutine

Le journaliste et spécialiste de l’espace post-soviétique Régis Genté est l’invité de « Tout est politique » de Franceinfo ce samedi 9 mai 2026. Il est revenu sur le comportement de Vladimir Poutine et du Kremlin ces derniers jours.

Vladimir Poutine est-il fragilisé ?

Franceinfo : Vladimir Poutine est-il fragilisé ? Parce qu’on va revenir sur toute une série d’éléments qui nous poussent à poser cette question ce soir. On va partir des images du jour : ce défilé du 9 mai, cette date qu’il a remise dans les mémoires russes, c’était bien différent de celui de l’année dernière.

Régis Genté : Il ne peut pas se permettre de ne plus célébrer ce moment. Ça a été remis au goût du jour assez récemment d’ailleurs, en 1995 seulement ; avant, c’était presque pas fêté, ou presque jamais fêté à l’époque soviétique. Lui, on a vraiment fait un rendez-vous régulier. Il en a fait un jour régulier parce qu’il a construit sa légitimité sur la scène internationale comme étant du bon côté, sur l’héroïsme et les sacrifices réels qu’il ne faut surtout pas négliger des Soviétiques pendant la Deuxième Guerre mondiale. Mais lui, pour se placer symboliquement du bon côté de l’histoire, il l’a repris à son compte et c’est une vraie colonne vertébrale, c’est extrêmement puissant pour pouvoir asseoir son idéologie en quelque sorte.

Est-il humilié ?

Oui, certainement, ça ne lui fait pas plaisir. Peut-on dire humilié ? Je ne sais pas. Mais oui, certainement, parce qu’il est obligé, d’une certaine façon, de reconnaître qu’il y a un échec, qu’il y a un problème, qu’il y a un problème sur le terrain. Il est là, d’abord, au terrain militaire, bien évidemment.

Les menaces des drones ukrainiens

Mais s’il a réduit la voilure, c’est évidemment à cause des menaces qui pèsent sur lui, peut-être celles qu’il craint le plus : la menace de drones, les drones ukrainiens. Aujourd’hui, les drones ukrainiens peuvent atteindre Moscou.

Oui, ils l’ont fait très souvent ces quatre dernières années, à vrai dire. Jamais, à notre connaissance, la personne de Poutine n’a été véritablement menacée. Il n’y a pas eu d’assassinats, par exemple, de hautes personnalités. Il y a eu quelques généraux, mais bien sûr qu’il y a un certain risque, évidemment, pour lui.

Symbolique des frappes de drone

L’image qu’on voit là, ce sont justement les frappes que peuvent faire un drone ukrainien à Moscou. Certes, c’est un drone, mais le symbole est fort. On voit que les immeubles peuvent être atteints à certains endroits.

À une époque, il y en avait beaucoup, maintenant depuis un an et demi, mais il y avait beaucoup d’immeubles, d’entreprises, etc., qui étaient touchés dans la banlieue de Moscou, effectivement.

Changement de rapport de force

Donc le rapport de force change un peu avec ces nouvelles armes de longue portée. Et pourtant, Volodymyr Zelensky a accepté la trêve. C’est Donald Trump qui l’a annoncée, une trêve de trois jours. D’ailleurs, on voit qu’elle n’est pas respectée sur le terrain. Mais du 9 au 11 mai, les armes, normalement, vont se taire. Pourquoi Volodymyr Zelensky accepte-t-il cela ? Est-ce dans son intérêt ?

Oui, de toute façon, parce que la guerre reste aussi très, très lourde évidemment pour les Ukrainiens, même si depuis trois ou quatre mois, la tendance est plutôt favorable à l’Ukraine. Non seulement la Russie ne prend plus de territoire, mais l’Ukraine en a repris, elle a repris environ 120 kilomètres carrés, ce n’est pas énorme, enfin c’est quand même quelque chose. Donc ça témoigne vraiment d’une inversion que l’on a aujourd’hui maintenant sur le front, pour le moment, combien de temps ça durera, on ne sait pas, mais manifestement, ça reflète les difficultés.

Bataille de communication

Vous avez vu le décret de Zelensky qui, je cite, autorise cette trêve et qui donne même les coordonnées GPS de l’emplacement de la Place Rouge. Ça veut dire qu’il gagne, dans ce moment important pour la Russie, la bataille de la communication avec ses provocations ?

En tout cas, il la joue parfaitement bien depuis le premier soir, souvenez-vous, lorsqu’il avait dit aux Occidentaux : « Je n’ai pas besoin d’un taxi pour quitter le pays, mais j’ai besoin d’armes ». Il avait fait son entrée dans la guerre et il est toujours sur cette ligne-là. Il y a eu plusieurs moments, d’ailleurs, de communication avec beaucoup d’humour, mais c’est plus que de la communication. Je crois que c’est quand même quelqu’un qui montre où est l’ascendant, qui arrive à placer l’Ukraine très bien sur l’échiquier politique, en fait.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.



FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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