L’ancien Premier ministre et chef du parti présidentiel revient dans les « 4 Vérités » du jeudi 23 avril sur des passages de son livre « En homme libre », qu’il publie aux éditions de L’Observatoire. « Beaucoup de Français me parlent de la dissolution encore aujourd’hui », souligne-t-il, détaillant les « coulisses » de cet épisode qui a marqué la fin de son passage à Matignon.

Invité des « 4V », Gabriel Attal présente ce jeudi 23 avril En homme libre, un livre qu’il publie aux éditions de L’Observatoire. L’ancien Premier ministre revient sur ses années au sein de l’exécutif, en tant que ministre de l’Éducation nationale, puis Premier ministre, détaillant sa relation avec Emmanuel Macron. Il évoque notamment la dissolution de 2024 et son départ de Matignon, précisant que le président de la République ne l’avait pas informé de sa décision : « Il a plutôt démenti ce choix-là, quelques jours seulement avant de l’avoir annoncé, » confirme-t-il ce matin.


Gilles Bornstein : Sébastien Lecornu a dévoilé un dispositif pour aider les gros rouleurs, 20 centimes par litre. Est-ce que c’est suffisant ?
Gabriel Attal : La fermeture du détroit d’Ormuz a un impact sur le prix de l’essence, et il y a des Français qui ont besoin d’essence pour travailler. Il y a notamment les pêcheurs, les agriculteurs, et donc il y a des aides qui ont été annoncées, évidement, qui sont importantes. Et puis vous avez des Français qui doivent tous les jours utiliser leur voiture pour aller travailler, qui parfois doivent l’utiliser toute la journée. Je vous donne un exemple : les infirmières libérales. Une infirmière libérale, notamment dans une zone rurale, elle doit faire sa tournée avec sa voiture. Évidemment, plus l’essence augmente, plus ça lui coûte de l’argent. Donc, ces Français-là, il faut les aider.

Ça va coûter 150 millions d’euros. On est très, très loin du « quoi qu’il en coûte ». Et comme vous l’avez dit, les Français sont vraiment dans la difficulté.

On est dans une situation budgétaire qui est compliquée. Moi, vous savez, je me méfie toujours de ceux qui proposent de raser gratis, de faire des mesures qui coûtent des milliards d’euros, parce qu’à la fin, les Français les repayent ensuite en augmentation d’impôts à cause de la dette. Donc, c’est important d’avoir un dispositif qui est ciblé. Il faut qu’il soit temporaire, parce que c’est vrai qu’il y a aussi des Français qui sont un peu toujours au-dessus des seuils, qui se disent « en fait, moi je travaille, j’ai besoin de ma voiture, mais je suis toujours au-dessus du seuil jusqu’auquel on met en place des aides. » Et donc ça, ça peut créer aussi du ressentiment. Il est donc important qu’il y ait des dispositifs ciblés, mais qui soient temporaires, l’objectif étant évidemment que cette situation ne dure pas pendant des mois, mais ça, c’est une question géopolitique qui malheureusement dépasse la France aujourd’hui.

Vous aviez soutenu une proposition de loi pour que le 1er mai puissent ouvrir, non seulement les boulangers et les fleuristes, mais aussi les commerces alimentaires, voire les musées, sans consulter les syndicats, alors qu’on sait que le 1er mai est un jour important pour les syndicats. Attal président réformerait tout seul, en Jupiter bis ?
Au contraire, ce texte de loi vient d’abord du terrain. Ce sont les boulangers et les fleuristes qui demandent depuis des années à pouvoir ouvrir leurs commerces. Ce texte a été adopté il y a un an au Sénat, qui avait rajouté un certain nombre d’activités. Je me suis toujours prononcé pour les boulangers et les fleuristes. Je rappelle qu’il s’agit de leur dire qu’ils peuvent travailler s’ils le souhaitent, et qu’ils peuvent faire travailler leurs salariés si les salariés sont volontaires, en étant payés double, en ayant un jour de repos supplémentaire, évidemment sur la base du volontariat. Derrière ce débat, il y a quoi ? Il y a un débat sur le travail et la liberté de travailler. Moi, je veux que les Français qui souhaitent travailler davantage puissent le faire, surtout encore une fois quand ça leur permet d’avoir une meilleure rémunération, et c’est un combat que je continuerai à mener, même si vous avez une opposition de forces politiques. La France Insoumise a été très mobilisée contre ce texte que j’ai défendu, y compris des syndicats qui peuvent s’opposer, c’est tout à fait légitime. Mais à la fin, c’est le Parlement qui tranche.

Venons-en à votre livre, En homme libre, aux éditions de L’Observatoire. Il y a beaucoup de choses, il faut faire des choix. Le premier chapitre s’appelle « Liberté », et vous n’y parlez quasiment que d’islam radical, dès les premières lignes. Est-ce que vous assumez de dire, Gabriel Attal, que le plus grand danger qui guette la France aujourd’hui, c’est l’islamisme ?
Ce n’est pas ce que j’écris. Ce que je dis, c’est que la liberté est pour moi la valeur la plus importante dans nos démocraties. Si notre devise républicaine, c’est liberté, égalité, fraternité, avec la liberté en premier, c’est que c’est une valeur qui est évidemment majeure. Il y a des menaces aujourd’hui sur nos libertés. Il y a notamment ce qu’on appelle de l’entrisme, avec des mouvements politiques, qui cherchent à imposer une loi pseudo-religieuse au-dessus des lois de la République. Ce qui n’a rien à voir avec la foi musulmane exercée en toute tranquillité, dans tout le respect de la République, par des millions de nos concitoyens. Donc, je fais bien la distinction entre les deux. Maintenant, c’est une réalité. Vous avez, dans un certain nombre de territoires en France, des mouvements qui cherchent à imposer leurs règles, des règles pseudo-religieuses au-dessus des lois de la République. C’est important de le dénoncer, mais il est aussi important de prendre les mesures nécessaires. Vous savez que quand j’étais ministre de l’Éducation nationale, j’avais notamment décidé de faire respecter la laïcité dans nos établissements scolaires face à des mouvements qui voulaient faire pression sur des jeunes filles pour qu’elles portent des tenues religieuses, l’abaya en l’occurrence, dans les établissements scolaires.

Vous aviez fait polémique en prônant l’interdiction du voile aux moins de 15 ans. Est-ce que dans votre programme, vous maintiendrez cette proposition qui avait fait polémique, parce qu’on se demandait comment elle allait être contrôlée, les policiers ont autre chose à faire ? Quelles auraient été les sanctions ? Est-ce que ça fera partie des mesures que vous proposerez ?
D’abord, là aussi, cette proposition venait d’un rapport qui a été remis au gouvernement par des experts qui disent, je cite, qu’il y a une coordination wahhabo-salafiste sur l’ensemble du territoire pour chercher à imposer à des fillettes, parfois de 5, 6, 7 ans, de se voiler. Évidemment, on ne peut pas rester les bras ballants face à une situation comme celle-là en France. Maintenant, vous savez, sur les débats sur la faisabilité de la mesure, je me souviens de débats qu’il y avait eu à l’époque où avait été interdit le port de la burqa dans l’espace public. C’est une mesure qui a été décrétée, qui s’applique. Donc, il y a des moyens à la fois juridiques et pratiques de le mettre en place. Non pas en allant courir après des fillettes, évidemment, mais ce sont les responsables légaux, les parents, qui doivent être visés dans ce cas-là.

Vous étiez assez attendu sur vos propos sur le président de la République dans ce livre-là. Dans un long chapitre sur la dissolution, vous décrivez un Emmanuel Macron duplice, voire menteur ?
Ce ne sont pas les propos que j’emploie dans le livre…

Je vais préciser. Quand vous lui parlez de dissolution, vous lui dites : « J’ai entendu parler de dissolution. » Il lève les yeux au ciel, alors, que vous dites, qu’à ce moment-là, il avait déjà décidé de dissoudre. Je ne sais pas comment vous appelez ça. Si ce n’est pas du mensonge, c’est de la dissimulation ?
Je laisse chaque lecteur tirer ses conclusions. En fait, vous savez, je croise énormément de Français, je me déplace beaucoup sur le terrain et il y a beaucoup de Français qui me parlent de la dissolution encore aujourd’hui, parce qu’ils savent que cette décision de l’été 2024 est la source du blocage, de l’instabilité parlementaire qu’on a aujourd’hui, et ils me disent : « Mais pourquoi est-ce qu’il y a eu cette dissolution ? Dans quelles conditions ça a été fait ? » À travers ce livre, notamment, je reviens sur cet épisode, qui est un épisode historique, et je raconte ce qu’on ne raconte jamais aux Français, c’est-à-dire ce

FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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