Sanctions contre les enseignes bio pour entente illicite

Les filiales Carrefour, Intermarché et Synadis bio sont sanctionnées d’une amende de 12,7 millions

L’Autorité de la concurrence a récemment sanctionné Synadis bio, ainsi que plusieurs filiales de Carrefour et d’Intermarché, pour avoir entravé la commercialisation des mêmes marques de produits biologiques simultanément dans des magasins spécialisés et de grandes surfaces généralistes.

En effet, l’Autorité de la concurrence estime que ces enseignes se sont entendues, au détriment de leurs clients. Elle a infligé une amende de 10 millions d’euros à Synadis bio, le syndicat représentant les magasins spécialisés bio, dont les adhérents incluent des enseignes majeures comme Biocoop, La Vie Claire et Naturalia.

D’autres acteurs du secteur, tels que Greeneez, une filiale de Carrefour spécialisée dans la vente de produits bio en ligne, ainsi qu’ITM Entreprises et Les Comptoirs de la Bio, deux filiales des Mousquetaires, ont également été condamnés à des amendes de moindre ampleur, s’élevant respectivement à 1,8 million d’euros, 740.000 euros et 80.000 euros.

Selon l’Autorité, ces entreprises ont participé à une entente illicite durant plus de sept ans visant à répartir les marques de produits bio entre les canaux de distribution spécialisés et généralistes. Leur objectif était d’empêcher que les mêmes produits soient vendus simultanément dans les magasins bio et en grande surface, ce qui aurait permis aux clients de comparer les prix. Cette stratégie a, selon l’Autorité, contribué à maintenir des prix plus élevés pour les produits biologiques dans les magasins spécialisés par rapport aux grandes surfaces.

L’Autorité évalue l’écart de prix entre ces deux circuits à environ 30 %. « Nous ne savons pas quels seraient les prix aujourd’hui pratiqués s’il n’y avait pas eu cette segmentation, » explique Thibaud Vergé, vice-président de l’Autorité de la concurrence. « Il y aurait probablement quand même un écart de prix entre les deux circuits. »

Éviter « le mélange des genres »

Pour arriver à ce constat, l’Autorité de la concurrence s’est appuyée sur les comptes rendus de conseils d’administration de Synadis bio ainsi que sur son règlement. Depuis 2018, ce règlement stipule que ses membres doivent référencer au moins 95 % de produits bio « exclusivement distribués dans des magasins spécialisés bio ».

Cependant, cette volonté de segmenter les offres était déjà perceptible auparavant. Lors du lancement du service Amazon Prime Now en 2017, le syndicat s’inquiétait de l’émergence d’un canal de distribution qui « gomme la frontière entre les circuits et favorise la comparabilité des prix. »

En 2018, lorsque Les Comptoirs de la Bio, détenus par Intermarché, ont sollicité leur adhésion au syndicat, ils ont dû s’engager à préserver une séparation stricte entre les réseaux de distribution spécialisés et ceux de la grande distribution. L’objectif était d’éviter « le mélange des genres » pour préserver la comparabilité des produits et, par conséquent, des prix.

Certaines entreprises ont même été contraintes de créer deux marques pour un même produit, l’une destinée aux magasins bio et l’autre aux grandes surfaces conventionnelles.

Suite à cette décision, les enseignes bio devront se conformer aux directives de l’Autorité. Cela soulève alors la question : la grande distribution et les magasins bio sont-ils condamnés à vendre les mêmes produits ? L’Autorité souligne que les enseignes spécialisées peuvent continuer à se différencier en proposant des produits plus exigeants en termes de qualité. « Il est possible de segmenter le marché par la qualité, en proposant des produits dont les standards sont plus élevés qu’en grande surface, » conclut Thibaud Vergé.



SOURCE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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