Le rappeur Ice T fait sensation à son arrivée au Radio, le premier night-club hip-hop de Los Angeles, dans la BD "Radio Club" d'Alex Jordanov et Ké Clero. (KE CLERO - GLENAT)






Le Club Radio : L’Histoire d’un Lieu Mythique du Hip-Hop

Cet album raconte l’histoire d’un lieu dont les soirées mythiques fréquentées par une nuée de futurs grands artistes ont façonné « la culture hip-hop à la sauce West Coast », au début des années 1980.

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Le rappeur Ice T fait sensation à son arrivée au Radio, le premier night-club hip-hop de Los Angeles, dans la BD 'Radio Club' d'Alex Jordanov et Ké Clero. (KE CLERO - GLENAT)
Le rappeur Ice T fait sensation à son arrivée au Radio, le premier night-club hip-hop de Los Angeles, dans la BD « Radio Club » d’Alex Jordanov et Ké Clero. (KE CLERO – GLENAT)

C’est une histoire méconnue que raconte la BD Radio Club. Celle de la première boîte de nuit hip-hop de Los Angeles, montée en 1983 par deux jeunes amis, dont le Français Alex Jordanov, auxquels se greffa bientôt Ice T, alors qu’il n’était encore qu’un rappeur débutant vivant de combines et de rapines. Au cours de cette épopée californienne rocambolesque, qui ne dura que deux ans, on croise des dizaines de figures, de Matt Groening (le père des Simpson) aux Red Hot Chili Peppers, et du peintre Jean-Michel Basquiat au futur Dr Dre.

Au cas où l’on serait tenté de ne voir dans cette concentration de péripéties hautes en couleurs qu’une auto-fiction bien assaisonnée par Jordanov, qui signe le scénario, Ice T met les choses au point dès l’incipit : cette BD « a été écrite par celles et ceux qui ont réellement vécu ses événements. C’est officiel et autorisé« .

Si la vie d’Ice T, jeune maquereau puis rappeur hissé au rang d’acteur bankable à Hollywood, est digne d’un polar, le parcours du Français Alex Jordanov ne manque pas non plus de piquant. Né à Sofia (Bulgarie) au début des années 60, et venu en France à l’âge de sept ans, il est devenu par la suite peintre puis journaliste d’investigation et documentariste, notamment au Vrai Journal sur Canal+. En 2019, son livre Les guerres de l’ombre de la DGSI lui a valu d’être mis en examen pour « compromission du secret de la défense nationale » et envoyé en correctionnelle car il a refusé de révéler ses sources.

Aujourd’hui, le support de la BD lui a paru plus approprié que tous les autres pour raconter cette folle histoire de sa jeunesse, parce que, dit-il, « une planche raconte beaucoup plus que cinquante pages à l’écrit. » Lorsque le récit commence, Alex, dont le père, mathématicien, enseigne à l’université de Berkeley, est parfaitement bilingue. Il a déjà fait Maths sup en France et fréquente, à ses heures perdues, les amphis du département de mathématiques de l’université UCLA.

Une planche de la BD 'Radio Club' de Alex Jordanov et Ké Clero. (KE CLERO - GLENAT)
Une planche de la BD « Radio Club » de Alex Jordanov et Ké Clero. (KE CLERO – GLENAT)

Fou de musique et de hip-hop, un mouvement encore balbutiant mais en pleine ascension, il monte une boîte de nuit, le Radio, dans un vieux théâtre à l’abandon de Los Angeles, avec son ami K.K. Barrett (devenu par la suite « production designer » sur de nombreux films, de Spike Jonze à Sofia Coppola). Alex est visiblement prêt à tout pour réaliser son rêve, y compris voler du matériel sonore en magasin ou des radiateurs de voiture dans la rue.

Pour l’ouverture du Radio Club, dont Grand Mixer DST et Rammellzee sont les têtes d’affiche aux platines, il repère et recrute Ice T, qui vit dans le garage de sa tante à South Central (Los Angeles). Dès le coup d’envoi, la boîte est un succès. Ses soirées vont devenir mythiques.

En effervescence, le lieu est fréquenté par tout ce qui compte et comptera dans l’industrie culturelle, du réalisateur John Singleton à la chanteuse punk Nina Hagen, des Coldcrush Brothers à Prince. Madonna vient y interpréter son premier single sur scène, Michael Jackson passe y dénicher des danseurs pour son clip Thriller, les Red Hot Chili Peppers donnent un coup de main à l’entrée, et Afrika Bambaataa décide d’y couronner Alex, à son corps défendant, roi de la Zulu Nation de L.A.

Au dessin, Ké Clero, qui est aussi tatoueur et s’est beaucoup documenté pour cet album, ressuscite le Los Angeles des années 1980, ses avenues, ses voitures, ses enseignes et ses magasins de vinyle. Cependant son style n’est pas léché mais « destructuré« , de son propre aveu. Si son trait un peu tremblé a l’air spontané, attentif aux détails sans surcharger, Ké Clero varie énormément les cadres et les plans, du plus large au plus serré, les mouvements des break-danseurs hip-hop vus du ciel étant aussi bien saisis que les expressions du visage des protagonistes.

Une planche de la BD 'Radio Club' d'Alex Jordanov et Ké Clero. (KE CLERO - GLENAT)
Une planche de la BD « Radio Club » d’Alex Jordanov et Ké Clero. (KE CLERO – GLENAT)

« Blancs, Noirs, Hispaniques se côtoient en harmonie dans la boîte de nuit. Mais avec ce public nocturne hétéroclite et festif, les emmerdes sont inévitables. Les problèmes s’accumulent au fil de la nuit« , écrit Alex Jordanov. Les descentes de police, mais aussi le racket de certains policiers, les drogues et les sollicitations de toutes sortes lui pèsent de plus en plus, sans compter que son loft est squatté en permanence par des amis et parasites. Un chaos mêlé de créativité, jusqu’au dérapage de trop d’Ice T, qui précipitera la chute du club et jettera brutalement Alex en prison.

La petite poignée de photos et de flyers qui témoignent de l’aventure sont évidemment réjouissants, tout autant que les looks délirants des uns et des autres. « On naviguait à vue, on a navigué à vue tout du long. Mais on était motivés et libres« , se souvient Alex Jordanov en post-face. Pour lui, « le Radio a façonné la culture hip-hop à la sauce West
FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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