Salvatore Adamo, en novembre 2025, à Paris. (© BOBY - Universal Music France)






Interview de Salvatore Adamo

Salvatore Adamo est l’invité exceptionnel toute cette semaine du Monde d’Élodie, à l’occasion de la tournée de son dernier album, « Des nèfles et des groseilles ». Épisode 1 : « Sans toi ma mie ».

Publié le 02/03/2026 à 12:24

Temps de lecture : 4 min

Salvatore Adamo, en novembre 2025, à Paris. (© BOBY - Universal Music France)
Salvatore Adamo, en novembre 2025, à Paris. (© BOBY – Universal Music France)

En écoutant les chansons de Salvatore Adamo, certains replongent en enfance, d’autres se rappellent leur vie d’ado ou d’adulte. De nombreuses personnes chères à notre cœur reprennent une place parmi nous, grâce à ses mélodies. Depuis 60 ans, il nous accompagne à travers ses refrains et cette fidélité s’illustre avec plus de 100 millions d’albums vendus à travers le monde.

Actuellement en tournée, il se produira à l’Olympia le 22 mars à Paris, suivie de concerts à Biarritz le 21 avril, au Havre le 21 juin et à Clermont-Ferrand le 7 octobre, avant de monter sur la scène de La Salle Pleyel le 13 décembre. Son dernier album, Des nèfles et des groseilles, lui permet de se remémorer son enfance à travers un tête-à-tête musical, avouant qu’il rêvait de transformer le gris de son passé en couleur.

franceinfo : Vous êtes né en 1943, donc peu avant la fin de la guerre, que gardez-vous de cette enfance ?

Salvatore Adamo : Beaucoup de tendresse, d’affection, mes parents m’ont choyé. Bien sûr, je n’ai pas perçu, lors de l’immigration, la misère, mais l’amour de mes parents m’a offert une enfance radieuse. Je tiens à rappeler qu’abandonner son pays n’est jamais un plaisir, c’est toujours une blessure. Je le mentionne dans une chanson intitulée Migrant, et même si cela a provoqué quelques réactions étranges, je le redis.

Vous êtes italo-belge et vos deux nationalités sont très importantes pour vous.

Oui, j’ai maintenu ma nationalité italienne par respect et fidélité à mes parents. Cela faisait des années que je voulais devenir belge, mais le gouvernement italien n’acceptait pas la double nationalité, si bien que j’ai dû attendre. Cela fait trois ans que je suis italo-belge.

Pour être honnête, grâce à la chanson, j’ai pu accéder à un milieu un peu plus aisé, mais les souvenirs demeurent.

Salvatore Adamo

Je reste en contact avec mes racines et retourne régulièrement à Jemappes, là où j’ai vécu. J’ai des cousines et des amis là-bas, et je constate que la vie n’a pas vraiment changé. Quelques problèmes sociaux subsistent : des usines ont fermé, mais la situation s’est améliorée ces dernières années, bien qu’il y ait eu de grands défis dans la région.

La musique vous a toujours accompagné. À quel âge avez-vous ressenti ce basculement vers le monde musical ?

À quatorze ans, lorsque ma mère m’a surpris devant un miroir, avec un balai en guise de guitare, en train de danser comme Elvis Presley. Elle ne m’a rien dit à ce moment-là, mais a écrit à son père en Sicile, et un mois plus tard, un oncle m’apportait ma première guitare.