Edgar Grospiron, président du comité d'organisation des JO 2030 dans les Alpes françaises, le 20 mars 2025, à Costa Navarino (Grèce). (FABRICE COFFRINI / AFP)






Edgar Grospiron et la Passation des JO 2030

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Edgar Grospiron, président du comité d'organisation des JO 2030 dans les Alpes françaises, le 20 mars 2025, à Costa Navarino (Grèce).
Edgar Grospiron, président du comité d’organisation des JO 2030 dans les Alpes françaises, le 20 mars 2025, à Costa Navarino (Grèce). (FABRICE COFFRINI / AFP)

Après une cascade de démissions, Edgar Grospiron, le président du comité d’organisation du projet français, et son équipe espèrent enfin passer à autre chose à l’issue de la cérémonie de clôture.

On a beau avoir été champion olympique de ski de bosses, il y a des obstacles qui ressemblent à des raidillons, quand ce ne sont pas des montagnes. C’est dans les habits de quasi « roi nu » qu’Edgar Grospiron se présentera dans les arènes de Vérone (Italie), dimanche 22 février, pour la cérémonie de clôture des Jeux olympiques d’hiver de Milan Cortina.

Le flambeau, que le président du comité d’organisation des JO 2030 dans les Alpes françaises s’apprête à récupérer, s’avère brûlant, instable et sacrément épineux. Pour l’accompagner en Italie, pas grand monde. Le directeur général, Cyril Linette ? Poussé vers la sortie récemment. La directrice des opérations, Anne Murac ? Elle a quitté le Cojop début décembre. Le directeur de la communication, Arthur Richer ? Parti mi-janvier aussi.

Et le président du comité des rémunérations, Bertrand Méheut ? Il a également claqué la porte au début du mois. Dans un courriel envoyé aux équipes, l’ancien directeur général de Canal+ dénonce une « dérive importante qui [le] conduit à douter du succès du projet que ce soit en matière de délais et de coûts ». « Période pas simple », euphémisme, sans s’étaler, un salarié parmi la centaine actuellement en poste.

Fragilisé, mais pour le moment toujours en place, Edgar Grospiron veut profiter de la passation de pouvoir avec Milan Cortina pour tourner la page de cette interminable séquence aux allures de slalom géant jonché de démissions. « On va en Italie dans un esprit combatif », veut rassurer un membre de l’entourage de l’ancien skieur acrobatique. « On se dit : ‘Arrêtons les polémiques. Milan se termine, maintenant c’est vraiment à nous, on va être regardés par le monde entier.' »

Dans l’amphithéâtre romain de Vérone, la photo officielle promet d’être belle. Selon nos informations, la ministre des Sports, Marina Ferrari, la présidente du CNOSF, Amélie Oudéa-Castera, le chef de mission de l’équipe de France, Fabien Saguez, ainsi que le manager de la haute performance à l’Agence nationale du sport, Yann Cucherat, seront présents aux côtés d’Edgar Grospiron. Moment idéal pour se féliciter collectivement du record de médailles décroché aux Jeux olympiques d’hiver par la France.

Mais en coulisses, l’aréopage du Comité international olympique (CIO) veut des explications. L’organisateur en chef, réputé pour sa froideur, n’a guère apprécié les derniers soubresauts. « Le temps est compté. À seulement quatre ans de l’échéance, plusieurs décisions clés restent en suspens et le rythme de livraison doit s’accélérer dans l’ensemble des chantiers », a averti Pierre-Olivier Beckers, responsable du CIO chargé de superviser les préparatifs, lors d’une conférence de presse début février.

À Vérone, Edgar Grospiron et son équipe auront en réalité huit minutes chrono pour montrer au monde entier que le comité d’organisation français peut dépasser la crise qu’il traverse. Selon nos informations, la traditionnelle passation de pouvoir (ou « handover » en anglais) pendant la cérémonie de clôture se déroulera en deux temps : d’abord « un show en live dans le stade », « sur un mode circulaire » avec « une Marseillaise revisitée », puis un film qui présentera les Alpes et l’ensemble des épreuves.

Par la suite, les représentants des JO 2030 réceptionneront le drapeau olympique : mission confiée à Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, et à Fabrice Pannekoucke, président du Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes. « Il faut en finir avec ces chicayas, ces histoires, il n’y a plus de place pour ça, » recadre le second. « On a déjà perdu trop de temps, on doit être en responsabilité. Désormais, c’est avec nous que le monde a rendez-vous. C’est ce que je dirai aux équipes du CIO que je vais rencontrer. »

« Il y a des moments où je me dis que nous ne sommes pas au rendez-vous de l’histoire. »

Fabrice Pannekoucke, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à Franceinfo

C’est d’ailleurs dans le huis clos de Vérone que le comité d’organisation Alpes 2030 tiendra dimanche son prochain bureau exécutif. « On devra se dire les choses », souffle un participant.

Les festivités se prolongeront encore lundi, à Albertville, avec le retour des Bleus, et l’arrivée du drapeau olympique sur le sol français. Puis retour aux affaires : mercredi, Edgar Grospiron a rendez-vous au Sénat. La chambre haute du Parlement veut l’auditionner sur « la crise de gouvernance que traverse actuellement le comité d’organisation ».

« C’est la deuxième fois qu’on le voit depuis décembre », explique Laurent Lafon, sénateur des Républicains et président de la commission des affaires culturelles. « On est très inquiets, car le projet n’avance pas, les équipes ne sont pas stabilisées, la carte des sites pas encore validée. Rien de rassurant. »

Que l’ancien « boss des bosses » se prépare : selon nos informations, des questions sur sa place, sa légitimité et son leadership lui seront bel et bien posées à cette occasion.



FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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