Adrien Pillay et Prado à l’arrêt de tram Diane Arbus.






La cause animale dans les élections municipales de Paris

Alors que des associations militent pour plusieurs mesures en faveur de la cause animale, des candidats s’engagent notamment à faciliter l’accès des parcs aux chiens. Une simple stratégie de communication ou le reflet d’une évolution de la société ?

Élections municipales 2026

Les candidats à la mairie de Paris tenteraient-ils de brosser les chiens (et surtout leurs maîtres) dans le sens du poil ? À gauche, l’équipe d’Emmanuel Grégoire (PS) a créé un compte Instagram « Hot Dogs with Emmanuel Grégoire » l’affichant aux côtés de canidés. Au centre-droit, Pierre-Yves Bournazel (Horizons / Renaissance) promet notamment de mettre en place une brigade anti-maltraitance. À droite, Rachida Dati (LR) – qui organise régulièrement des « apéritifs canins » dans sa mairie du 7e arrondissement – a également présenté plusieurs propositions dédiées à nos amis à quatre pattes.

« Je n’ai rien contre les chiens, mais je ne vois pas ce que ça vient faire dans une campagne politique, il y a tellement d’autres priorités », estime Benoît, un habitant du 16e arrondissement. « Il y aurait plein de mesures utiles. J’ai longtemps eu un chien et c’est compliqué dans certains quartiers de trouver des parcs pour se promener », juge de son côté Elodie, également parisienne.

Adrien Pillay et Prado à l’arrêt de tram Diane Arbus.
Adrien Pillay et Prado à l’arrêt de tram Diane Arbus. • © Pierre de Baudouin

« Les chiens, ce n’est pas une lubie de bobos ou de couples sans enfant. Les chiens sont des usagers à part entière de l’espace public, il faut les prendre en compte et adapter la ville », souligne pour sa part Adrien Pillay, président du collectif « Les Cabotins de la Chapelle » et cofondateur de Paris condition canine (PAR.C.C), une fédération qui regroupe une dizaine d’associations en faveur d’une meilleure intégration des chiens dans la capitale.

« Pour accéder aux transports, les règles diffèrent, c’est assez confus », déplore-t-il à l’arrêt de tram Diane Arbus, dans le 18e arrondissement, accompagné de son chien Prado, un lévrier espagnol âgé de sept ans et originaire d’un refuge.

Une portion réhabilitée de la petite ceinture ouverte au public mais interdite aux chiens, dans le 18e arrondissement.
Une portion réhabilitée de la petite ceinture ouverte au public mais interdite aux chiens, dans le 18e arrondissement. • © Pierre de Baudouin

« Ici, il n’y a aucun affichage, il faut consulter le site de la RATP. Dans le tram comme dans le bus, on ne peut pas prendre son chien s’il ne rentre pas dans un sac. Dans le métro et le RER, ils sont acceptés en étant muselés et tenus en laisse. Heureusement, les chiens-guides sont acceptés partout. On souhaite une harmonisation, il y a un vrai problème de mobilité », poursuit-il.

À deux pas de l’arrêt de tram, une portion réhabilitée de la petite ceinture est ouverte au public. Mais pas aux chiens. « C’est dommage, on manque cruellement d’espaces verts accueillant les chiens. Les parcs et jardins leur sont interdits, sauf exception. On souhaite inverser le paradigme pour les accepter dans une cohabitation harmonieuse », résume Adrien Pillay.

Le cofondateur de PAR.C.C demande aussi plus de clarté. « C’est regrettable, le chien est parfois encore vu comme une nuisance. Pour ce qui est des déjections canines, on doit les ramasser, c’est la loi, c’est tout à fait normal. Plus spécifiquement pour la petite ceinture, le chien est perçu comme une menace pour la biodiversité. On demande que les chiens soient tenus en laisse, donc sous contrôle », déclare-t-il.

Selon Adrien Pillay, Paris compte 100 000 chiens.
Selon Adrien Pillay, Paris compte 100 000 chiens. • © Pierre de Baudouin

Direction Montmartre, devant le square Nadar, un parc canin à deux pas du Sacré-Cœur. « Ce n’est pas parfait, mais c’est un exemple intéressant. Il n’est pas immense, mais il y a des doubles-sas sécurisés pour éviter que les chiens ne s’échappent », décrit Adrien Pillay. « Les politiques ont longtemps réduit la ‘problématique’ du chien aux caniparcs. C’est un outil utile. Plus il y en a, moins les chiens sont concentrés dans de petits espaces et moins il y a de nuisances. Mais ça ne règle pas tout », nuance-t-il.

Le square Nadar, un parc canin à proximité du Sacré-Cœur.
Le square Nadar, un parc canin à proximité du Sacré-Cœur. • © Pierre de Baudouin

Adrien Pillay note d’ailleurs que la signalétique du caniparc n’a pas été financée et imprimée par la mairie, mais par une association locale. Les jardins du square Louise Michel, au pied de la basilique, sont quant à eux inaccessibles aux chiens, avec un affichage absent à certaines entrées.

Selon Adrien Pillay, Paris – « l’une des villes les plus denses du monde en termes de présence canine » – compte 100.000 chiens. Dans le cadre des municipales, PAR.C.C a ainsi publié un « livre blanc », ainsi que plusieurs recommandations.

« Un certain nombre de mesures sont reprises dans les programmes, c’est globalement positif. Il y a une unanimité sur l’ouverture des parcs. Et les chiens sont présents sur tous les réseaux sociaux des candidats. Ils sont présents au cœur de la campagne, ce n’était pas le cas en 2020. La société et les visions changent, au-delà des couleurs politiques », salue le maître.

De son côté, Projet Animaux
FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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