Siegfried Mazet, le coach français de tir de l'équipe de Norvège à Anterselva, le 10 février 2026. (HENDRIK SCHMIDT / PICTURE ALLIANCE)







Biathlon : l’impact de Siegfried Mazet sur l’équipe norvégienne

Sur le sprint des Jeux olympiques vendredi, les bons tireurs chercheront à être bien placés pour la poursuite de dimanche.

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Siegfried Mazet, le coach français de tir de l'équipe de Norvège à Anterselva, le 10 février 2026. (HENDRIK SCHMIDT / PICTURE ALLIANCE)
Siegfried Mazet, le coach français de tir de l’équipe de Norvège à Anterselva, le 10 février 2026.
(HENDRIK SCHMIDT / PICTURE ALLIANCE)

Un coup de tonnerre dans le monde du biathlon français. En 2016, Martin Fourcade avait vu avec amertume son coach de tir, Siegfried Mazet, pilier du clan tricolore, quitter le giron français pour passer à l’ennemi norvégien. Dix ans plus tard, celui qui était très proche du sextuple champion olympique français sera toujours derrière la jumelle pour scruter les tirs de ses quatre biathlètes norvégiens lors du sprint des JO de Milan Cortina, vendredi 13 février (14 heures).

Depuis 2016, de l’eau a coulé sous les ponts mais l’impact du Drômois s’est concrétisé : depuis la saison 2018-2019, la Norvège a remporté six des sept gros globes de cristal mis en jeu sur la Coupe du monde, mettant fin à sept années de domination de Martin Fourcade au classement général. Et le pourcentage au tir du contingent norvégien, porté aujourd’hui par Johan-Olav Botn, vainqueur mardi de l’individuel avec un 20 sur 20, a grimpé grâce à lui.

En 2015-2016, pour sa dernière année en sélection française, les trois premiers Bleus au classement général de la Coupe du monde tiraient en moyenne sur la saison à 87,3 % de réussite contre 85,6 % pour la Norvège. L’année suivante, les chiffres se sont inversés (87 % pour la Norvège, 85,6 % pour la France). Cette année, l’écart est encore plus important : 88,3 % pour les Scandinaves, 84,6 % pour les Tricolores.

Membre tout à tour des deux sélections, Siegfried Mazet est logiquement aux premières loges pour observer les deux écoles de tir. À son arrivée en Norvège, il résumait l’état d’esprit du biathlon sur place par « skier très vite, limiter la casse au tir », assure-t-il à franceinfo: sport. Une maxime qu’il s’est appliquée à modifier pour changer ce tir « en sécurité » en « tir à l’attaque ». « J’ai surtout noté des différences d’approche mentale du tir, ce qui donne deux types de tirs entre le Norvégien et le Français. Le premier est capable de s’isoler, de faire abstraction de ce qui l’entoure, de jouer une jolie partition. Alors que le second a un instinct de chasseur ce qui le rend redoutable dans cet exercice », développe le coach de 48 ans.

« Je trouve que le sprint appartient aux Norvégiens et la poursuite aux Français. »

Siegfried Mazet

à franceinfo : sport

Difficile de lui donner tort quand on sait qu’en cinq éditions des Jeux depuis Turin en 2006, six biathlètes norvégiens ont été médaillés sur le sprint, dont trois en or, et six Français pour quatre titres sur la poursuite. « Je crois qu’on a été la première nation en France à exploiter le côté ludique, à jouer sur ce rôle du chasseur et du chassé », poursuit-il pour franceinfo: sport. « Là où les Norvégiens sont plus dans la répétition, le côté un peu monotone, j’ai essayé d’apporter la ‘French touch’. »

Cette French touch serait-elle le grain de folie issu de l’école française qui manque parfois aux Norvégiens ? « Je ne sais pas s’il y a une école de tir à la française », estime Marie Dorin-Habert, quintuple championne du monde et désormais consultante pour France Télévisions. « En France, j’ai plutôt l’impression que c’est un changement générationnel : aujourd’hui, les jeunes de l’équipe de France tirent plus vite et cette accélération des temps de tir est une tendance générale », poursuit-elle.

Elle l’explique en partie par une formation au tir plus précoce des biathlètes comme Lou Jeanmonnot ou Eric Perrot qui ont commencé le tir plus tôt que leurs aînés, entre 12 et 14 ans, ce qui leur permet d’avoir une aisance et un instinct plus développé sur l’exercice.

Vendredi sur le sprint, Eric Perrot, Quentin Fillon Maillet et Fabien Claude tenteront de prendre l’avantage sur la Norvège au nombre de titres olympiques dans ces JO. Et pour l’instinct, l’équipe de France peut faire confiance à Emilien Jacquelin, passé à côté de son individuel, mais qui a tous les atouts pour rivaliser avec les prétendants à l’or olympique.

Quant à Siegfried Mazet, il tentera de jouer un nouveau mauvais tour aux Bleus, lui qui quittera la sélection norvégienne à l’issue de la saison. Pour revenir dans le clan français ? « Ce serait bien sûr intéressant qu’ils appellent », avait-il indiqué à la chaîne TV2 au moment de l’annonce, en août dernier. « Je suis ouvert à tout. »



FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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