Sondre Slettemark participe à sa première course olympique à Anterselva, le 10 février 2026. (ODD ANDERSEN / AFP)






Les Slettemark aux JO de Milan Cortina 2026

À 24 et 21 ans, la sœur et le frère Slettemark participent aux Jeux de Milan Cortina sous les couleurs danoises, tout en étant originaires du Groenland.

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Sondre Slettemark participe à sa première course olympique à Anterselva, le 10 février 2026. (ODD ANDERSEN / AFP)
Sondre Slettemark participe à sa première course olympique à Anterselva, le 10 février 2026. (ODD ANDERSEN / AFP)

Ils sont frère et sœur, et tous les deux biathlètes. Comme les trois frères Claude, ils participent pour la première fois en fratrie aux Jeux olympiques de Milan Cortina. Mais leur singularité réside dans leurs origines : Ukaleq et Sondre Slettemark sont tous deux Groenlandais, mais leur territoire ne disposant pas de Comité national olympique (CNO), ils doivent concourir avec la combinaison danoise. Au contraire de la Coupe du Monde, où la fédération internationale de biathlon (IBU) reconnaît ce territoire autonome du Danemark, et donc la fédération groenlandaise de biathlon, créée par leur mère Uiloq Slettemark.

À l’heure où Donald Trump a fait peser la menace d’envahir leur territoire, le frère et la sœur ont été fortement sollicités en amont des Jeux, davantage pour parler politique que sport. À Reuters, depuis leur camp d’entraînement d’Obertilliach en Autriche, ils disaient avant la compétition : « Nous nous sommes beaucoup demandé si nous devions prendre une décision politique, et le message le plus fort que nous puissions envoyer est que nous courons pour le Groenland et pour le Danemark. » a déclaré Ukaleq, qui a dû troquer sa combinaison rouge et blanche du Groenland contre la bleue et blanche danoise.

Figures du sport au Groenland, la fratrie a grandi avec deux parents fondeurs et biathlètes. Oystein, leur père, né au Brésil, et Uiloq, leur mère, née au Danemark, sont présents en Italie pour accompagner leur progéniture. « C’est une chance et un bonheur de partager ces moments avec ma sœur, mon père et ma mère. » a déclaré Sondre Slettemark, 21 ans, qui vit ses premiers JO à Anterselva. « Je les attendais depuis mes cinq ou six ans, » a-t-il confié à la NBC avant la compétition. « Je comptais sur mes doigts pour savoir quel âge j’aurais en 2026. J’espérais déjà avoir une chance de me qualifier. »

Avec une 62e place (sur 89 partants) et un score de 17 sur 20 lors de l’individuel, Sondre Slettemark a de plus grandes ambitions pour le sprint vendredi. « Je suis satisfait de ma course, je pense que je m’en suis bien sorti, » a-t-il réagi auprès d’Eurosport Danemark, mardi. « Le 20 km était à la fois amusant et dur. J’étais vraiment nerveux avant le départ car ce format est un peu long pour moi. J’ai bien ressenti l’altitude aussi, ce qui fait que mon temps de ski n’est pas aussi bon que je l’espérais. » Sa sœur a gagné une place sur l’individuel par rapport à Pékin, en terminant 52e avec une seule faute au tir.

Au-delà des résultats sportifs, la fratrie a conscience de l’intérêt politique qu’elle suscite, même si elle tente de se concentrer sur ses JO et non sur ce qu’il se passe autour. « Nous sommes très fiers de courir pour le Danemark lors de ces Jeux et de montrer au monde que le Groenland et le Danemark se tiennent debout unis et forts, malgré tout. » Dans une vidéo publiée par CNN, ils dénoncent le discours du président Trump, qui « affecte tout le monde, eux y compris, au Groenland, au Danemark, en Europe et même dans le monde entier. »

Habitués à vivre dans un pays paisible, même s’ils résident une partie de l’année en Norvège pour s’entraîner, les Slettemark ont été choqués par la vue de soldats de l’OTAN et de l’armée danoise sur leur territoire. « J’aurais préféré que leur présence ne soit pas nécessaire chez nous. Nous avons été contactés par tellement de monde qui nous soutient, qui est à nos côtés, et même des Américains qui sont contre les actions de Donald Trump, » ont-ils confié avant les Jeux à CNN.

Contactés par nos soins, le frère et la sœur n’ont pas répondu à nos sollicitations. Le coach de la fédération danoise n’a pas non plus souhaité s’exprimer sur le sujet, se bornant à répondre à des questions « d’ordre sportif. » Comme le rappelait un communiqué de la fédération danoise avant les Jeux : « depuis la création des Jeux olympiques d’hiver, et sans interruption depuis 2010, le Groenland fait partie intégrante de la délégation olympique danoise. C’est avec joie que nous pourrons perpétuer cette tradition en 2026. » Ce qui coïncide avec le fait que seize ans après, leur père Oystein avait été olympien lors des Jeux de Vancouver en 2010 (86e du sprint et 88e de l’individuel).



FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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