En Iran, des familles obligées de verser des fonds pour obtenir les corps des victimes des





Témoignages sur la répression en Iran

Des témoignages font état de menaces sur des proches endeuillés et parlent de fosses communes.


Publié



Mis à jour



Temps de lecture : 2 min

Des drapeaux iraniens déposés autour de véhicules brûlés lors des manifestations à Téhéran, en Iran, en janvier 2026.
Des drapeaux iraniens déposés autour de véhicules brûlés lors des manifestations à Téhéran, en Iran, en janvier 2026. (SHADATI / XINHUA / MAXPPP)

Malgré les signes d’un retour à la normale, l’Iran reste coupé du monde depuis 15 jours maintenant. Il est toujours impossible d’établir un bilan précis des victimes de la répression. En bloquant l’accès à internet, les autorités espèrent qu’aucune information ne sortira du pays. Les organisations de défense des droits humains tentent, malgré le black-out, d’obtenir des informations. Les témoignages qu’elles reçoivent montrent la férocité du régime.

Ainsi, pour récupérer les corps de membres de sa famille tués lors de manifestations, il faut payer très cher : au minimum 3.000 dollars. Parfois beaucoup plus. Des témoignages évoquent jusqu’à 10.000 dollars. Une somme inabordable pour la majorité des Iraniens.

Au sein du pays, il se dit que le régime oblige à payer pour les balles qui ont servi à « corriger » les sédentaires. Pour ceux qui n’ont pas les moyens, il n’y a pas d’autre solution que d’adopter le narratif du régime. « Nous avons reçu des témoignages de journalistes et de défenseurs des droits humains selon lesquels les autorités ont contraint des familles à déclarer que leurs proches ont été tués par les manifestants, plutôt que par les forces de sécurité. S’ils ne collaborent pas avec les autorités, ils enterrent leurs corps en secret« , indique Raha Bahreini, chercheuse sur l’Iran pour Amnesty International.

D’autres récits font état de fausses communes, dans lesquelles les victimes auraient été jetées, ou d’enterrements dans des provinces autres que celles où vivent les familles. Le but : empêcher les rassemblements qui pourraient tourner à la contestation, comme ce fut le cas pendant le soulèvement « Femme Vie Liberté », à l’occasion d’obsèques de victimes.

Déclenchée le 28 décembre, la mobilisation en Iran a pris une ampleur majeure le 8 janvier, défiant ouvertement la République islamique, avant d’être violemment réprimée. La télévision d’État iranienne, citant la Fondation iranienne pour les martyrs et les anciens combattants, a annoncé que 3.117 personnes avaient été tuées, un premier bilan officiel très inférieur à ceux avancés par des défenseurs des droits humains. Selon l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège et dont les chiffres sont cités par l’ONU, au moins 3.428 manifestants ont été tués, mais le bilan pourrait même dépasser les 20.000 morts.



FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *