Mémorial des victimes Iraniennes. Le 2 février 2026 à Londres






La résistance iranienne et son combat

À 5.000 km de Téhéran, des Français aident le peuple d’Iran à se battre contre le régime des Mollahs. Si la révolte de janvier 2026 s’est terminée dans un bain de sang, leur détermination reste intacte. L’un d’eux a souhaité témoigner de son combat. Basé à Toulouse (Haute-Garonne), il aide le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) depuis 10 ans.

Les 8 et 9 janvier 2026, l’Iran connaissait la plus grande contestation depuis l’installation de la république islamique en 1979. Des milliers de personnes descendent dans la rue pour demander la fin du régime. Déstabilisé, le gouvernement réagit violemment. Internet et le réseau téléphonique sont coupés. La police tire sur la foule. Selon les autorités, 3.117 personnes sont abattues, mais plusieurs ONG estiment que ce chiffre pourrait être jusqu’à dix fois plus élevé. Si le régime est parvenu à survivre à cette révolte sans précédent, la colère persiste. Les opposants continuent de se mobiliser à l’intérieur et à l’extérieur du pays, et plusieurs groupes de résistance existent à travers le monde.

Mémorial des victimes Iraniennes. Le 2 février 2026 à Londres
Mémorial des victimes Iraniennes. Le 2 février 2026 à Londres© Photo by Amanda Rose / Avalon / MAXPPP

Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), basé en France, se présente comme « une coalition d’organisations, de groupes et de personnalités démocratiques iraniens ». Fondé en 1981 à Téhéran à l’initiative de Massoud Radjavi, il revendique 540 membres issus des groupes ethniques de l’Iran.

Les rangs du CNRI comptent également des militants Français. Parmi eux, Pierre Martin. À 49 ans, ce Community manager toulousain se passionne depuis longtemps pour les « contenus politiques et les thématiques internationales ».

J’ai commencé par gérer des espaces de discussion pour de grands groupes de médias sur des sujets géopolitiques, là où la frontière sur la liberté d’expression est très fine. Les droits humains ont toujours été au cœur de mon travail.

Pierre Martin, militant français de la CNRI

« Malgré la répression sanglante du soulèvement de janvier 2026, qui a fait des milliers de morts, peut-être même des dizaines de milliers, les mouvements de protestation se poursuivent dans tout le pays : étudiants, retraités et commerçants restent mobilisés, soutenus par une résistance organisée. Les actions quotidiennes contre le régime laissent penser à une confrontation durable. La théocratie iranienne fait face à une convergence de crises que la répression ne réglera pas : effondrement du pouvoir d’achat, colère sociale et sanctions internationales liées à sa politique répressive », raconte Pierre.

Comment s’organise la résistance en Iran et en France ?

« En Iran, la résistance s’organise surtout autour des Unités de Résistance. Il s’agit de groupes composés de deux à une vingtaine de personnes (voire davantage), structurés dans les quartiers, les lieux de travail ou les universités, et qui mènent des actions ciblées contre les institutions répressives ainsi qu’aux symboles du pouvoir en place. Le réseau des unités de résistance est rattaché aux Moudjahidine du peuple (l’OMPI). Actives sur tout le territoire, leurs actions augmentent en intensité malgré la répression, les arrestations et les exécutions ».

« C’est un réseau structuré, enraciné dans la population, capable de défier le régime. Le 16 février, plus de quinze opérations ont ainsi été menées à Téhéran et dans plusieurs villes à l’occasion de l’anniversaire de la révolution antimonarchique, visant notamment des bases des Gardiens de la révolution. »

« En France, la résistance s’organise autour du CNRI (dont l’OMPI est une composante importante) et de ses soutiens : »

Plaidoyer auprès des élus et des institutions, manifestations régulières pour sensibiliser l’opinion sur la résistance et la répression dans le pays, et relais constant sur les réseaux sociaux des actions menées en Iran. L’objectif est de créer un relais international à la résistance intérieure.

Manifestation pour la démocratie en Iran à Berlin en février 2026
Manifestation pour la démocratie en Iran à Berlin en février 2026© CLEMENS BILAN / EPA

Quel est votre rôle au sein du CNRI ?

« Je participe à la communication digitale et aux réseaux sociaux. En dix ans, j’ai animé de nombreux comptes liés directement à la résistance. L’objectif est de faire connaître la situation en Iran et le combat pour les droits humains, mais aussi d’alerter les décideurs publics. Lors du soulèvement de janvier, ce sont les comptes de la résistance qui ont collecté et diffusé les images des massacres. »

Les réseaux sociaux sont un véritable champ de bataille face à la propagande du régime, aux soutiens du fils du Shah et à ses milliers de bots, ainsi qu’aux campagnes de désinformation visant le CNRI orchestrées par le régime et malheureusement reprises par des personnalités politiques de premier plan.

Pourquoi souhaitez-vous parler aujourd’hui ?

« Avant tout pour faire connaître le combat de la résistance iranienne, à un moment où les soutiens du fils du dictateur Shah tentent de le faire passer pour l’opposition, à force de manipulations des images et des fermes à trolls, alors qu’il n’a aucun soutien réel en Iran. Il y a un écosystème puissant de désinformation autour de Reza Pahlavi, alors que le CNRI constitue une source fiable majeure d’information et d’images en provenance d’Iran. »

Je veux aussi montrer que les réseaux sociaux peuvent servir des causes justes. Il ne s’agit pas de promouvoir quoi que ce soit ni de polémiquer, mais d’alerter sur la peine de mort imminente de jeunes qui ont simplement demandé la liberté, pour tenter de leur sauver la vie. Une lutte qui se mène aussi depuis la Ville rose. »,

Quelle est votre plus belle réussite sur les réseaux sociaux ?

« La résistance iranienne a très tôt compris l’importance des réseaux sociaux et a construit une communauté très engagée. À l’époque de Twitter, des tweet storms (vague massive de tweets) étaient organisés face à ceux du régime, la résistance était beaucoup plus visible, et cela dans le monde entier. Aujourd’hui encore, des hashtags comme #NiChahNiMollah peuvent émerger fortement, voire devancer, en marge d’événements populaires comme Star Academy. Cela montre la capacité de mobilisation et la force de frappe de cette communauté. »

Comment voyez-vous l’avenir de l’Iran ?

« Le régime des mollahs finira par tomber, c’est une question d’ordre historique. Le changement viendra du peuple iranien et de sa résistance, pas d’ingérences étrangères. La révolution qui avait renversé le Shah a été confisqué
FONTE

By Julien Moreau

Je suis journaliste et rédacteur en chef basé en France, avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur des médias. Je travaille actuellement comme rédacteur pour un média d’information en langue française, spécialisé dans l’actualité nationale et internationale. Mon objectif est de proposer une information rigoureuse, claire et vérifiée, au service des lecteurs.

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